Bruxelles, 12/07/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, ce mercredi, une Communication concernant l'introduction pratique de l'euro au 1er janvier 2002 et les efforts importants qui restent à fournir afin de faire de cette échéance un succès. Lors d'une conférence de presse, le commissaire Pedro Solbes a attiré l'attention sur les éléments suivants:
- Abandon des unités monétaires nationales au profit de l'euro. Sur la base d'une évaluation conduite de mai à juillet, le commissaire Solbes a noté que les entreprises amélioraient leur préparation à l'introduction de l'euro (en France, a-t-il observé, 1.000 entreprises se convertissent à l'euro chaque mois), mais que la situation demeurait néanmoins insatisfaisante: "A ce rythme, cela prendrait 200 ans". La Communication fait donc état d'un "niveau de préparation inadéquat" dans la mesure où les entreprises "se préparent assez lentement au basculement", n'étant pas conscientes que toutes les factures ainsi que l'ensemble de la comptabilité devront impérativement être établis en euros dès le 1er janvier 2002 (avec une exception pour les Pays-Bas").
Pour ce qui est des citoyens, M. Solbes a constaté que l'euro restait "peu utilisé" et que "l'attention accordée au double affichage demeurait assez faible" (mais il a relevé que les banques belges et françaises feraient passer leurs comptes clients en euros en juillet 2001). Il a aussi constaté avec dépit que les administrations publiques, en particulier au niveau local, ne jouaient pas assez un rôle d'éducatrices à la monnaie unique pour dans leurs relations avec les citoyens, observant que "certaines expériences pratiques devraient être étendues à toute l'Union".
- Préparation de l'introduction des billets et des pièces libellés en euros. En estimant que le passage à l'euro devait se faire "de façon efficace et rapide", le commissaire Solbes a évoqué les aspects suivants:
- fabrication des billets et des pièces: 50 milliards de pièces devront être frappées d'ici au 1er janvier 2002 et 39% l'avaient déjà été à la fin mai. Plus de 14 milliards de billets seront imprimés d'ici la même échéance dans douze imprimeries -dont une en Grèce- de la zone euro, sous le contrôle direct de la BCE et des Banques nationales. Ce n'est pas moins de 120 modèles de pièces qui sont à frapper du fait des faces nationales ;
- qualité des pièces: elle sera supérieure à celle des pièces nationales et sera contrôlée par la BCE ;
- adaptation des distributeurs automatiques: six centres d'essai (deux en Allemagne; un en Espagne, en Finlande, en France et aux Pays-Bas) ont été créés depuis l'été 1999 et les Etats membres ont été autorisés à prêter des échantillons afin que les fabricants d'équipements puissent procéder à des tests ;
- lutte contre la contrefaçon: M. Solbes a rappelé que le mandat d'Europol avait été étendu par le Conseil JAI en avril 1999 et que celui-ci avait aussi, en mai 2000, adopté une décision cadre visant à renforcer, par des sanctions pénales et autres, la protection contre la contrefaçon. Dans la foulée, la Commission présentera bientôt un projet de Règlement visant à organiser les flux d'informations sur les contrefaçons et ceux qui se rendent coupables de ce type de délits ;
- échange des billets et des pièces. M. Solbes a rappelé que cette procédure se décomposerait en trois phases: a) pré-alimentation avant le 1er janvier 2002. Tous les Etats membres envisagent de pré-alimenter en euros les groupes plus directement intéressés (banques, commerçants, transporteurs de fonds, fabricants et opérateurs d'automates) au cours des quatre derniers mois de 2001. Quant au grand public, la pré-alimentation interviendra (hormis en Grèce, en Irlande et en Italie qui ne la prévoient pas) au cours de la deuxième quinzaine de décembre 2001 ; b) période de double circulation (euro/monnaie nationale). La majeure partie du basculement devra être achevée au terme des quinze premiers jours de 2002. Les banques devront procéder à l'échange de la monnaie nationale contre de l'euro sans frais pour leurs clients à hauteur "d'à peu près 500 euros" ("C'est l'idée sur laquelle on est en train de travailler", a dit M. Solbes). Une question à trancher concerne les personnes qui ne détiennent pas de compte bancaire. Les billets et pièces nationaux perdront leur valeur légale à la fin février, sauf en Allemagne (1er janvier), aux Pays-Bas (28 janvier) et en Irlande (9 février); c) phase postérieure à la période de double circulation. Dans certains Etats membres, l'échange de l'ancienne monnaie nationale pourra encore s'opérer dans les banques. La question de l'échange du numéraire continue à soulever plusieurs questions qui doivent être tranchées. La Commission opérera un suivi de la situation et, tous les deux mois, fournira des "informations sur les meilleures pratiques" ainsi que des recommandations.
En réponse à une question, le commissaire Solbes a observé que le problème rencontré avec l'impression de billets de 100 euros est un "excellent exemple du contrôle exercé par la BCE" (voir autre nouvelle en p.10).