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Bulletin Quotidien Europe N° 7715
JOURNEE POLITIQUE / (eu) declaration schuman/turquie

Intervention de M. Demirel

Ankara, 11/05/2000 (Agence Europe) - Comme nous l'avons signalé (voir EUROPE du 10 mai, p.8), la Turquie a célébré le 9 mai pour la première fois, après avoir obtenu le statut de pays candidat à l'adhésion, la Journée de l'Europe, qui avait cette année une portée particulièrement solennelle étant le 50ème anniversaire de la Declaration Schuman. A cette occasion, le président turc sortant, M. Demirel, a affirmé que la Turquie "croit de tout coeur dans l'idée de la création d'une Europe intégrée naissant sur les bases d'un partenariat entre pays partageant les mêmes valeurs et idéaux démocratiques", et a rappelé que dès 1967, en tant que premier ministre turc, il avait dit devant le Conseil d'association que, pour la Turquie, "la Communauté économique européenne signifie un authentique succès de l'ordre démocratique".

L'identité européenne, a dit aussi M. Demirel dans son discours, "ne devrait jamais être fondée sur la religion", mais sur des valeurs comme la démocratie, le respect des droits de l'homme et l'état de droit, et se développer parallèlement à une "lutte commune contre la discrimination religieuse et ethnique, le racisme et la xénophobie". Nous sommes en train de transformer le "consensus national" sur l'adhésion à l'UE en une "mobilisation nationale", a affirmé M. Demirel, en notant que, à l'avenir, "le mot "harmonisation" sera le mot clé que nous utiliserons pour décrire nos relations avec l'UE": le processus d'harmonisation est comparable à une course de longue distance, et ce qui compte dans cette situation, c'est de continuer à courir sans interrompre la course, mais il est tout aussi important de ne pas rester derrière les autres pays".

M. Demirel, qui a reconnu que la Turquie doit remédier à ses déficiences en matière de démocratie, de droits de l'homme et d'état de droit, a aussi lancé un appel à son pays, en affirmant: "La pleine adhésion à l'Union européenne est un choix que nous avons fait de notre propre volonté. Personne ne peut faire de nous des membres de plein droit par la force. Nous devons donc nous libérer du dilemme qui fait que nous essayons d'une part de devenir des membres à part entière, et que de l'autre, nous avons le sentiment de succomber à une pression étrangère lorsqu'il s'agit des réformes que nous devons adopter".

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