Bruxelles, 28/04/2000 (Agence Europe) - La réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE (rencontre "Gymnich", d'après le nom du château près de Bonn où eut lieu la première rencontre de ce type) qui se tiendra les 6 et 7 mai à San Miguel, aux Açores, commencera par un déjeuner de travail au cours duquel les ministres, le Secrétaire général du Conseil /Haut Représentant Javier Solana et la Commission européenne évoqueront les derniers développements dans les Balkans, en en particulier au Kosovo, en Serbie et au Monténégro.
Le président du Conseil Jaime Gama entend par ailleurs consacrer l'après-midi du samedi 6 mai à une discussion assez vaste sur la réforme institutionnelle de l'UE, en évitant la répétition des positions nationales bien connues sur les questions à l'ordre du jour de la Conférence intergouvernementale (en particulier, les trois "reliquats" d'Amsterdam) et en élargissant le débat au thème de fond qu'est la direction dans laquelle devrait aller l'Union européenne à l'avenir.
Le dimanche 7 mai, les travaux commenceront par un échange de vues sur la Politique de sécurité et de défense de l'UE, portant sur le fonctionnement des organes provisoires mis en place depuis quelques semaines au Conseil (Comité politique et de sécurité, organe militaire intérimaire précurseur du futur Comité militaire) et sur la question délicate des relations entre l'UE et les pays tiers dans ce domaine (en clair, les membres européens de l'Otan qui n'appartiennent pas à l'Union européenne: Turquie, Norvège, Islande, Pologne, Hongrie et République tchèque). La Présidence portugaise entend faire rapport à ce sujet au Conseil européen de Santa Maria da Feira des 19 et 20 juin, en suggérant des moyens d'associer ces pays aux délibérations de l'UE sur la Pesd, mais des propositions sur une institutionnalisation de ces relations pourront être faites seulement lorsque les organes intérimaires du Conseil auront laissé la place à des instances définitives.
Le 7 mai sera également abordée la question complexe de la politique de l'UE envers la Méditerranée, en vue notamment de la préparation de la réunion informelle UE/Méditerranée des 25 et 26 mai à Lisbonne. Les difficultés auxquelles se heurte la définition d'une "stratégie commune" de l'UE pour la région méditerranéenne, surtout suite au blocage du processus de paix au Moyen-Orient, sont bien connues (voir EUROPE du 21 avril, pages 7 et 8). La Présidence portugaise n'a pas renoncé à essayer de faire approuver cette stratégie par le sommet de Feira, mais les Quinze sont d'accord sur la priorité à donner à la qualité et au contenu de cette stratégie, plutôt qu'à la date à laquelle elle sera adoptée.