Bruxelles, 28/04/2000 (Agence Europe) - La Commission a annoncé ce vendredi l'ouverture d'une enquête sur les agissements de la firme japonaise Nintendo Co et de sept autres firmes distribuant ses produits. Elle les a avertis que leur façon de cloisonner le marché pour les consoles et les jeux vidéo de Nintendo pourrait être une violation des règles européennes de concurrence, consistant dans le maintien artificiel des prix à un niveau élevé grâce au cloisonnement des marchés. Elle les soupçonne de participer à un cartel dans le but de partager les territoires nationaux. Le Commissaire Mario Monti, en charge de la concurrence, a déclaré que "les familles européennes dépensent des millions chaque année en jeux vidéo et nous voulons veiller à ce qu'elles ne soient pas victimes d'escroquerie".
Les firmes de distribution concernées sont Linea GIG S.p.a., Itochu Corporation, Concentra L.D.A., Bergsala AB, Nortec SA, CD-Contact Data GmbH et John Menzies Plc. En 1997, Nintendo a vendu à elle- seule 46 millions de consoles statiques SNES pour lesquelles les consommateurs ont acheté 359 millions de cassettes de jeux. La Commission leur a adressé une communication de griefs, qui précise les comportements qui lui paraissent illicites. Une note du porte-parole ainsi précise les griefs de la Commission:
"D'après les informations disponibles, chaque société s'était vue allouer une portion de territoire national au sein de l'UE pour distribuer les produits Nintendo et était tenue d'empêcher le commerce parallèle, c'est-à-dire les exportations d'un pays à l'autre, via des voies non officielles, principalement en imposant des interdictions d'exportation et des contrôles à leurs grossistes et détaillants. Les informations révèlent que les sociétés collaboraient étroitement pour déceler la source de tout commerce parallèle. Les sociétés qui autorisaient des activités de commerce parallèle dans leur pays étaient sanctionnées.
La Commission accuse également Nintendo de compliquer la situation des détaillants qui souhaitent s'engager dans la concurrence sur les prix".
Les entreprises disposent de deux mois pour répondre à la communication de griefs.
Le porte-parole rappelle par ailleurs que la Commission avait commencé à enquêter en 1995 dans le domaine des consoles de jeus. Dans une première phase, elle avait contesté aux trois grands producteurs de ces consoles, Sony, Sega et Nintendo la politique suivie à l'égard des entreprises qui souhaitaient produire des jeux pour leurs consoles. A la suite d'une communication de griefs, les trois entreprises avaient modifié leurs politiques d'autorisation à la fabrication de jeux concurrents. Les griefs actuellement communiqués à Nintendo portent sur la distribution de ses produits.