Bruxelles, 22/03/2000 (Agence Europe) - Le président mexicain, Ernesto Zedillo, le président en exercice du Conseil européen, Antonio Guterres, et le président de la Commission européenne, Romano Prodi, signeront ce jeudi 23 mars à Lisbonne, en marge du Sommet européen, une déclaration sur la mise en œuvre des résultats de la négociation d'une zone de libre-échange entre l'UE et le Mexique. Les résultats des négociations conclues en novembre dernier (voir EUROPE du 18 janvier p. 8 et 9) seront approuvés formellement le même jour lors d'un Conseil UE/Mexique au niveau des ministres des Affaires étrangères. A quelques mois des élections présidentielles mexicaines, la signature symbolique d'une déclaration par les chefs d'Etat européens et mexicain et la présence de Ernesto Zedillo durant le déjeuner des chefs d'Etat, jeudi, donnent à l'événement tout son poids politique.
Le calendrier de libéralisation des échanges commencera dès juillet prochain dans les secteurs de compétences communautaires des biens, des marchés publics, de la concurrence, et un mécanisme de consultation sur les questions de propriété intellectuelle pourra être établi. Les dispositions relatives aux secteurs de compétence non communautaire, comme les services, ne pourront en revanche entrer en vigueur qu'après la ratification complète de l'accord global. Le Parlement européen et la grande majorité des parlements des Etats membres ont déjà approuvé l'accord. Le Sénat mexicain doit en revanche se prononcer durant l'été. Cet "accord global" d'association prévoit également une coopération politique et économique étendue, y compris dans les domaines comme les droits de l'homme et l'action sociale.
L'accord commercial prévoit: i) une libéralisation totale des échanges dans le secteur industriel en 2007, par étapes, qui permettra à l'UE d'avoir dès 2005 un accès au marché mexicain pratiquement similaire à celui dont disposent les Etats-Unis et le Canada; ii) une libéralisation en quatre étapes d'ici 2010 de 62% des échanges dans le secteur agricole, les céréales, les produits laitiers et la viande étant exclus de la négociation jusqu'à la fin des négociations agricoles à l'OMC; iii) une libéralisation partielle dans le secteur des services, pour les domaines de la banque, l'assurance, les télécommunications, la distribution, l'énergie, le tourisme, l'environnement. Les transports maritimes locaux et les transports aériens, ainsi que l'audiovisuel ne sont pas couverts; iv) un accès aux appels d'offres pour les marchés publics de l'électricité, de l'eau et de la construction.
Le Mexique entend ainsi diversifier ses échanges dominés à 80% par les Etats-Unis et l'UE cherche à regagner les parts de marché perdues depuis l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange nord-américain, l'Alena. Entre 1990 et 1998, la part de l'UE dans les importations mexicaines est passée de 18% à 9,4%.