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Bulletin Quotidien Europe N° 7682
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sommet de lisbonne

La fixation d'un calendrier et le suivi des décisions du Conseil européen seront les problèmes fondamentaux, selon Mme Rodrigues (qui a coordonné les travaux préparatoires) - Pour un Sommet régulier chaque année sur les résultats

Bruxelles, 22/03/2000 (Agence Europe) - L'ambition du sommet extraordinaire de Lisbonne est de tracer une "voie européenne pour la nouvelle économie basée sur l'innovation et la connaissance". La tournée des capitales du Premier ministre Guterres a permis de "tester" la volonté des Etats membres et de constater que "tous les premiers ministres comprennent très bien l'ambition d'ensemble" de la Présidence portugaise. Le problème fondamental est de savoir si, à Lisbonne, ils seront prêts à prendre des engagements, en particulier en ce qui concerne la nouvelle "méthode ouverte de coordination" qui leur est proposée et l'adoption d'une "liste concrète de mesures, avec des dates limites", car "il nous faut cette liste de mesures ayant des effets pratiques dans le court terme". C'est ce que Maria João Rodrigues, qui a dirigé la Task Force portugaise chargée de la coordination du sommet, a dit mardi à la presse, en reconnaissant que l'agenda du sommet est "très dense", mais en estimant qu'on parviendra à le maîtriser, étant donné le haut degré de préparation et de consultation des Etats membres. Mme Rodrigues a aussi souligné que l'un des enjeux du sommet, ce sera le "suivi": la suggestion de la Présidence portugaise est que le Conseil européen de Lisbonne donne un certain nombre de mandats aux différents Conseils, et qu'un autre Conseil européen, "plus tard", fasse un bilan des résultats. La présidence estime qu'il faudrait prévoir un sommet européen régulier qui, chaque année, serait chargé d'un tel suivi et qui donnerait aussi une "impulsion stratégique" pour l'avenir (EUROPE rappelle que le Parlement européen s'est déjà prononcé en ce sens).

Parmi les autres enjeux clés du Conseil européen de Lisbonne, Mme Rodrigues a indiqué qu'il s'agira de savoir si les Etats membres "acceptent de nouveaux thèmes de coordination des politiques économiques" (au-delà de la coordination concernant les déficits budgétaires et la dette) et s'ils acceptent une "coopération sur la réforme de la protection sociale", tout en respectant "vraiment" les différences nationales. Le message de Lisbonne, a-t-elle estimé, devrait être qu'un "facteur clé" pour le maintien d'une protection sociale efficace est l'augmentation du taux d'emploi, car si ce taux augmente, les contributions augmentent. Le programme est ambitieux, mais "c'est notre risque politique", et une présidence doit prendre des risques politiques, a dit Mme Rodrigues, qui a rappelé que ce sommet a été préparé en particulier par une "grande mobilisation d'intellectuels européens (qui ont contribué notamment à la conférence de Sintra des 18 et 19 février).

La présidence, a expliqué Maria João Rodrigues, attend essentiellement de ce sommet qu'il:

(1) définisse "un nouvel objectif stratégique à long terme pour l'Europe", à savoir que l'Europe doit se préparer à devenir dans la prochaine décennie l'économie la plus compétitive, basée sur l'innovation et la connaissance tout en étant capable de créer de meilleurs emplois et de maintenir la cohésion sociale. Ceci exige une politique ambitieuse en matière de société de l'information, de réformes économiques, de renouvellement du modèle social européen et de maintien de la politique macro-économique suivie jusqu'ici, "afin de maintenir la stabilité" (mais en ouvrant aussi des "marges de manœuvre pour bâtir cette société" basée sur l'innovation et la connaissance);

(2) traduise cette stratégie en des politiques et mesures "très concrètes", avec des engagements précis et des échéances (voir plus loin);

(3) adopte une méthode politique plus efficace permettant de garantir que les conclusions du sommet seront suivies de faits. Nous proposons d'appliquer cette méthode, par exemple, à la société de l'information, à la lutte contre l'exclusion sociale, à la réforme économique, a précisé Mme Rodrigues, en indiquant que le Conseil européen sera "invité à définir des lignes directrices, quelques priorités", et que ce sera ensuite aux Etats membres "de les adapter aux particularités de leur propre pays", dans le cadre de "plans nationaux". Ensuite, "si ces plans sont lancés, on les évaluera ensemble, avec la participation de tous les Etats membres".

Les réponses concrètes qui sont attendues des chefs de gouvernement

Mme Rodrigues a cité par ailleurs quelques exemples des réponses opérationnelles attendues:

on prépare un plan pour la société de l'information, mais les gouvernements sont-ils d'accord pour "débloquer le commerce électronique, les télécommunications", pour "concrétiser le lien entre l'école et internet", pour "développer l'industrie du contenu en Europe", pour tirer parti de la diversité culturelle ?

nous avons un programme-cadre pour la recherche, mais les gouvernements "veulent-ils aller au-delà de la logique traditionnelle" de ce programme et coordonner leurs politiques nationales ? Ceci multiplierait les effets du programme-cadre, en "mettant en réseau" les politiques de recherche nationale.

nous avons un programme multinannuel pour les PME, mais les Etats accepteraient-ils un "benchmarking" entre leurs politiques nationales dans ce domaine ?

en ce qui concerne la réforme économique, y aura-t-il des engagements précis concernant la libéralisation de secteurs clés comme les télécommunications, l'énergie et les transports ? y aura-t-il un engagement d'ouverture des marchés publics, par exemple en vue de mettre "on line" les achats publics ?

en ce qui concerne la politique macro-économique, le thème de la "qualité et de la soutenabilité" des finances publiques sera très important; "c'est le bon moment pour donner la priorité aux investissements publics dans la recherche, l'information, l'innovation, l'éducation".

en matière d'éducation, il faudra respecter les diversités nationales, mais le défi est commun, à savoir l'ouverture de l'école à tous les citoyens, également adultes. Pour lutter contre "l'analphabétisme technologique" et éviter une nouvelle forme d'exclusion sociale, nous proposons un "diplôme européen pour la diffusion rapide de connaissances de base dans la technologie de l'information", a rappelé Mme Rodrigues.

quant aux politiques actives de l'emploi (le "processus de Luxembourg"), ce qui est en jeu, c'est de savoir si les gouvernements s'engagent à adopter des objectifs plus ambitieux, y compris en ce qui concerne l'apprentissage tout au long de la vie.

en matière de services sociaux, on verrait se développer un "cercle vertueux" grâce à un renforcement du soutien à la famille et aux enfants. C'est une stratégie "gagnante" pour les citoyens, a dit Mme Rodrigues en citant les retombées positives sur la qualité de la vie, la cohésion sociale, l'égalité des chances femmes/hommes et le taux d'emploi des femmes (et, par là, la "soutenabilité de la protection sociale").

concernant la protection sociale, il faut savoir si les Etats membres acceptent, dans le respect de la diversité, de coopérer entre eux en vue de sa réforme.

quant à l'exclusion sociale, il faut savoir si les gouvernements peuvent s'engager "de manière ambitieuse pour combattre les formes anciennes et nouvelles d'exclusion sociale, sur la base de plans nationaux".

Comment financer ces ambitions ? Il faudra mobiliser l'ensemble du budget de l'UE et l'on comptera aussi sur l'initiative que vient de préparer la Banque européenne d'investissement, a dit Mme Rodrigues, tout en ajoutant que les ressources fondamentales doivent venir des budgets nationaux, du secteur privé, des marchés financiers (il existe une considérable épargne européenne qu'on peut mobiliser).

Mme Rodrigues a aussi indiqué que la Présidence portugaise souhaiterait faire figurer dans les conclusions du sommet une référence à la sauvegarde des services publics: "c'est une valeur du modèle européen", a-t-elle souligné, tout en souhaitant un débat "sans stéréotypes" et en constatant qu'actuellement, un "éventail de solutions" se présentent, notamment la possibilité d'assurer un service public non pas nécessairement par le biais d'un monopole public, mais aussi par le secteur privé ou par un mélange de public et privé.

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