Bruxelles, 09/02/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a demandé la semaine dernière des informations à Microsoft sur son système "Window 2000", a annoncé ce mercredi le commissaire européen à la concurrence Mario Monti. Le leader mondial des logiciels informatiques dispose de quatre semaines pour répondre; "la Commission verra alors" si elle souhaite lancer une procédure formelle. Cette demande d'information n'influence pas la date du lancement de Window 2000 sur le marché européen, prévu pour le 17 février: cette décision revient à Microsoft, a indiqué le Commissaire.
Selon des petites et moyennes entreprises et les concurrents de Microsoft qui se sont adressés à la Commission, Window 2000 est conçu de manière à renforcer la position dominante de Microsoft sur le marché des systèmes d'exploitation de serveurs, a indiqué Mario Monti. Selon les allégations des concurrents, a-t-il précisé, avec Window 2000, seuls les produits Microsoft seront interopérables, ce qui obligera de facto les clients de serveur à acheter Window 2000. En dominant le marché des services soft-ware, Microsoft gagnerait in fine une position dominante aussi sur le marché du commerce électronique, a relevé Mario Monti. Window 2000 remplacera le système Window NT et se placera sur le même créneau que Unix.
Mario Monti a souligné que la Commission est saisie de plusieurs dossiers concernant Microsoft. EUROPE rappelle que l'exécutif européen a, entre autres, autorisé en mai dernier Microsoft à conclure des accords avec les fournisseurs européens d'accès à Internet, à condition que ces accords ne verrouillent pas le marché des navigateurs Internet pour les concurrents de Microsoft (voir EUROPE du 11 mai 1999). La Cour de justice a annulé la décision de la Commission qui avait refusé d'instruire une plainte déposée en octobre 1998 par l'importateur de logiciel Micro Leader Business (voir EUROPE du 17 décembre). C'est la première fois que la Commission prend la décision politique d'examiner le cas de Microsoft, domaine laissé jusqu'ici au jugement de la justice américaine. Contrairement au cas examiné aux Etats-Unis, la Commission se penche exclusivement sur le système d'exploitation pour serveur, a toutefois précisé le commissaire Monti.