login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7652
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/commission

M.Prodi, en présentant les objectifs stratégiques 2000-2005, met l'accent sur l'élargissement, un "nouvel agenda économique et social" et la qualité de la vie, et annonce un Livre Blanc sur "de nouvelles formes de gouvernance européenne" (parce qu'il faut "repenser" à la relation entre institutions européennes et différents niveaux de gouvernement)

Bruxelles, 09/02/2000 (Agence Europe) - Le président Romano Prodi a annoncé mercredi à la presse que la Commission européenne venait d'adopter "par consensus unanime" ses "Objectifs stratégiques 2000-2005", un document, a-t-il dit, qui "n'est pas un programme quinquennal de type soviétique", mais qui "fixe nos ambitions", et sur lequel "nous serons jugés". M.Prodi, en notant qu'il y a, dans le monde, un grand besoin d'Europe, "besoin de sa force, et surtout de son équilibre", a souligné que ce besoin d'Europe ne se manifeste pas seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan politique, en constatant que les "nouvelles frontières de l'intégration" sont la politique de sécurité et de défense, la justice et la sécurité intérieure (la sécurité personnelle de nous tous, a-t-il ajouté) et "le défi crucial de nos valeurs politiques fondamentales". Et il a tout de suite cité l'élargissement (qui est "quelque chose de grand, jamais expérimenté auparavant dans l'histoire"), en soulignant la "passion" qui anime les pays candidats, qui "pourront refaire leur histoire" seulement en devenant membres de l'Union européenne, et le "travail commun" que font leurs gouvernements et leurs partis d'opposition afin d'atteindre ce but. Si les Etats européens "ne savent pas s'unir à une échelle supérieure, ils ne pourront pas survivre", s'est exclamé M.Prodi. Et il a ainsi esquissé l'essentiel du document qu'il présentera la semaine prochaine à la plénière du Parlement européen:

1. Promouvoir de nouvelles formes de gouvernance européenne. Il faut "repenser à la relation entre institutions européennes et différents niveaux de gouvernements", a affirmé M.Prodi, en ajoutant qu'il faudra repenser ces relations "en profondeur" et, surtout, voir "comment interpréter de manière concrète le principe de subsidiarité". L'Union a une obligation "morale" de laisser aux "nations, régions, villes " des fonctions qu'il n'est pas nécessaire d'exercer au niveau communautaire, a estimé M.Prodi, qui a annoncé un Livre Blanc de la Commission à ce sujet. Quand présentera-t-elle ce document? A cette question, M.Prodi a répondu en indiquant que ce ne sera "pas à court terme", et a dit que, alors que l'exercice se déroulera parallèlement à la prochaine CIG, il est "probable" qu'il s'achèvera "plus tard" que la Conférence intergouvernementale sur la réforme institutionnelle. Je veux mettre dans ce document "toutes les compétences que je ne veux plus ici", et il faudra donc être "concrets", a souligné M.Prodi, en affirmant: "C'est une restructuration de notre travail". Quant à savoir quelles compétences, par exemple, il souhaiterait soustraire au niveau communautaire, M.Prodi a répliqué: il y a la "liste de choses ridicules qui sont faites à Bruxelles".

2. Créer une zone de paix, liberté, démocratie et sécurité. L'élargissement de l'UE doit être aussi une "source de sécurité pour les individus", et leur donner "davantage de tranquillité", a estimé M.Prodi, en soulignant qu'une telle zone de sécurité peut être garantie seulement par de bonnes relations avec les pays voisins, "en commençant par la Russie et l'Ukraine", et aussi avec les pays méditerranéens.

3. Créer un "nouvel agenda économique et social". Maintenant, nous avons dans nos mains "les bonnes cartes", a dit M.Prodi à propos de la reprise économique qui s'esquisse, mais qui n'est "pas encore mûre" (il a évoqué, en allemand, l'atmosphère du "Vorfrühling", le "pré-printemps"). Cette reprise "ne tombe pas du ciel", et est le fruit des efforts des dernières années, a-t-il souligné, en affirmant en particulier: "L'Europe a vaincu l'inflation". A un journaliste qui rappelait que la BCE vient d'augmenter ses taux justement par crainte d'un retour de l'inflation, M.Prodi a répondu: "Je pense que c'était du "early warning, et j'ai toujours été d'accord pour le "early warning". Mais je pense vraiment que c'est seulement parce qu'il y a l'euro que l'inflation n'a pas augmenté davantage malgré la hausse du prix du pétrole. Je pense que c'est un miracle". L'euro est "une monnaie forte", pour l'évaluer il ne faut pas regarder le taux de change, a-t-il ajouté. Et il a répété qu'il faut s'assurer que la reprise sera durable et qu'elle créera "beaucoup d'emplois", ce qui sera possible seulement si on poursuit les nécessaires réformes structurelles. "L'obsession", a dit M.Prodi, en constatant que ce sera un des thèmes du sommet extraordinaire de Lisbonne des 23 et 24 mars, c'est la technologie, l'innovation, la société de l'information.

4. Améliorer la qualité de la vie. La Commission veut défendre et améliorer la qualité de la vie des citoyens, protéger l'environnement, garantir qu'ils consomment de la "nourriture sûre", a affirmé M.Prodi, en annonçant qu'il y aura, dans son programme, aussi "beaucoup d'autres chapitres", concernant par exemple "un ciel unique", maintenant pour quinze pays, plus tard pour vingt-huit.

En soulignant la volonté de la Commission de coopérer étroitement avec le Parlement et le Conseil, M.Prodi a conclu: la décennie qui commence "peut être, et même doit être la décennie de l'Europe".

M.Prodi répond à ceux qui critiquent le travail de la Commission

M.Prodi a aussi voulu répliquer aux critiques de ceux qui, a-t-il dit, me reprochent de "promettre beaucoup et faire peu", de "me lancer en avant et ensuite de me retirer", en citant:

l'élargissement. La Commission a "pris le risque de dire qu'il y aurait une date", or cette date est là, c'est le 1er janvier 2002", a dit M.Prodi, en notant que, à cette date, après la ratification des résultats de la CIG, l'Union sera "ouverte pour accueillir de nouveaux membres" (j'espère qu'avant la fin de mon mandat il y aura déjà "quelques nouveaux membres", a-t-il ajouté).

la CIG. J'ai voulu un agenda large et, alors qu'une semaine avant Helsinki, la "ligne de fermeture" était "presque sûre", la Présidence portugaise est en train de préparer un agenda plus vaste, a remarqué M.Prodi, en notant qu'il avait aussi entendu avec "plaisir" le président Chirac reconnaître devant le Parlement européen (lors de la plénière de décembre: NDR) la nécessité des coopérations renforcées.

la sécurité alimentaire. J'avais promis de créer une Agence alimentaire, et c'est fait, a affirmé M.Prodi, en ajoutant: Si j'avais fait une agence centralisée, comme la "Drug and Food Administration" aux Etats-Unis, on aurait dit que Prodi a créé une nouvelle lourde structure administrative à Bruxelles.

l'affaire Kadhafi. J'ai voulu vérifier l'utilité d'un "pas en avant" en Méditerranée, tout en restant ferme sur les principes du processus de Barcelone, a indiqué M.Prodi, qui a remarqué: "Vous allez voir, les fruits vont mûrir". Je pense, a-t-il affirmé, que c'était mon devoir d'"aller de l'avant avec ces relations, et je le ferai aussi à l'avenir; je ne devais pas dire: je regrette, je suis le président de la Commission, adressez-vous à quelqu'un d'autre". "Je souhaite qu'il pourra encore venir, ma priorité absolue est la poursuite de l'intégration des pays méditerranéens", a dit aussi M.Prodi à propos d'une possible visite du président libyen aux institutions européennes.

la réforme de la Commission. On parle parfois d'"un collège faible, ou même d'un président faible, qui ne contrôle pas les Commissaires et ne connaît pas les détails des dossiers", a dit M.Prodi, en s'écriant: "Je ne suis pas un fonctionnaire! (...) Je fixe la ligne politique de la Commission, je soutiens les Commissaires, je les lance en avant (...) j'essaie de soutenir le moral de l'administration. J'ai trouvé ici des individus de très très très grand niveau (...) mais avec une démoralisation énorme et, dans certains cas, un sens de désespoir (...) Ils ont beaucoup souffert de ce qui s'est passé". M.Prodi a aussi souligné qu'il n'a jamais considéré son travail comme quelque chose d'"individuel". La Commission est "une équipe", formée de gens jeunes (j'ai 60 ans, et il y a un seul Commissaire plus âgé que moi, a-t-il remarqué) qui ont une carrière devant eux, et lorsque quelqu'un, dans une équipe, marque un point, c'est toute l'équipe qui gagne, a affirmé le président de la Commission, en disant qu'il ne se voit pas comme le "leader d'une structure solitaire", mais comme, justement, l'"entraîneur" d'une équipe.

En répondant enfin à un journaliste qui se demandait si le Parlement européen n'est pas en train de "mettre la Commission sous tutelle", M.Prodi a affirmé: "Le Parlement fait son métier, je fais mon métier. Jusqu'ici les relations ont été bonnes (...) mais je refuserai chaque fois que le Parlement demandera des choses qui ne sont pas dans son domaine...".

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLÉMENT