Bruxelles, 08/02/2000 (Agence Europe) - "J'attends maintenant des demandes formelles et, si nécessaire, j'entamerai à ce moment-là la procédure selon les règles". C'est ce que Wilfried Martens, président du Parti Populaire Européen, a indiqué à propos d'une éventuelle exclusion de l'ÖVP du PPE, quelques jours avant la réunion extraordinaire du Bureau politique du PPE convoquée le 10 février à Bruxelles pour discuter des possibles conséquences de la formation d'une coalition gouvernementale en Autriche entre l'ÖVP, parti membre du PPE, et le FPÖ de Jörg Haider. Rappelons qu'une demande d'écarter l'ÖVP a été présentée par le PSC belge, qui a obtenu l'appui du PPI italien (voir EUROPE d'hier, pages 5 et 6). Lundi, le CVP (le parti social-chrétien flamand) a annoncé qu'il demandera jeudi de créer au sein du PPE une Commission de surveillance chargée de veiller au respect des principes démocratiques par le nouveau gouvernement autrichien. Pour déclencher une procédure de suspension ou d'exclusion, il faut une demande dans ce sens d'au moins trois partis sur les trente-sept membres du PPE, dans trois pays différents.
Puisque les règles qui s'appliquent dans le cas d'une suspension ou expulsion du PPE imposent au moins un délai d'un mois avant de prendre une telle décision, un vote du Bureau politique concernant l'Österreichische Volkspartei pourrait avoir lieu seulement le 6 avril. De tels votes ont lieu à la majorité simple, rappelle un communiqué du PPE, qui précise que, au sein du Bureau politique du PPE, l'ÖVP a 7 voix, alors que les deux plus grands partis membres, la CDU et le Partido Popular, en ont respectivement 18 et 15.
Le communiqué rappelle aussi que, depuis sa fondation en 1976, le PPE a exclu un seul parti, le CDS portugais (rebaptisé maintenant CDS-PP, ses membres siègent au Parlement européen au groupe de l'Union pour l'Europe: NdlR), et qu'il l'a fait en 1993, "lorsque le parti était devenu anti-européen".