Le Conseil des gouverneurs de banques centrales a décidé à l'unanimité, jeudi 23 juillet, de maintenir inchangés les trois principaux taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). À la suite de la hausse de 25 points de base décidée au mois de juin (EUROPE 13886/6), les taux d’intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal sont donc toujours fixés respectivement à 2,25, 2,40 et 2,65%.
« Notre analyse, largement nourrie par les travaux de nos services, s'est concentrée sur les événements intervenus depuis juin », a expliqué la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse, évoquant « une évolution relativement bénigne » ces six dernières semaines.
D'une part, l'inflation observée a été plus faible que prévu : 2,8% en zone euro, contre 3,2% selon les anticipations initiales de la BCE, a noté Mme Lagarde. D'autre part, l'activité économique de la zone euro a progressé - à l'exception de l'Irlande - autour de 0,3%. Enfin, le protocole d'accord conclu avant le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran a entraîné une baisse significative des prix du pétrole brut, « probablement plus rapide que nous ne l'avions anticipée », a également relevé la présidente.
Toutefois, la récente reprise des hostilités au Moyen-Orient a poussé le Conseil des gouverneurs à focaliser sa réunion de deux jours sur les tensions croissantes sur les marchés des matières premières. « Nous avons appliqué la méthode que nous avions définie pour traiter un choc d'offre de cette nature : essayer de mesurer son intensité, sa durée et les mécanismes de propagation de ses effets dans l'économie. C'est ce qui nous a conduits à la décision prise ce matin », a précisé la présidente de la BCE.
Vers une hausse en septembre ? Mme Lagarde n'a pas écarté, jeudi, la possibilité d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt à l'occasion de la prochaine réunion des gouverneurs, les 9 et 10 septembre prochains, assurant que l'institut monétaire examinerait avec vigilance les nouvelles données disponibles dans les prochaines semaines, à savoir : chiffres actualisés de l'inflation mensuelle, croissance du PIB au second semestre, données relatives à la rémunération par salarié, indicateurs économiques de santé financière de l'industrie et des services, etc.
« Nous appliquerons notre cadre habituel : les perspectives d'inflation, les risques qui les entourent, l'évolution de l'inflation sous-jacente, la transmission de la politique monétaire ainsi que l'intensité, la durée et la propagation du choc énergétique dans l'économie », a déclaré la présidente de l'institut de Francfort.
Spéculations autour d'un éventuel départ anticipé de Mme Lagarde. Christine Lagarde a, une nouvelle fois, rejeté les spéculations autour d'une fin anticipée de son mandat à la tête de la BCE. « Tu n'es pas près de te débarrasser de moi avant 2027 ; 2027 ma chère, d'accord ? », a-t-elle ironisé jeudi après-midi, interrogée par une journaliste. « Lorsqu'il y a des nuages à l'horizon, le capitaine reste sur son navire. Et cette capitaine reste sur son navire », a-t-elle poursuivi.
Il est prévu que le mandat de la présidente coure jusqu'en octobre 2027. Toutefois, Mme Lagarde n'avait pas écarté une prise de position dans le cadre de l'élection présidentielle française d'avril 2027 (EUROPE 13903/20).
Voir la décision de politique monétaire du Conseil des gouverneurs : https://aeur.eu/f/n01 (Bernard Denuit)