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Bulletin Quotidien Europe N° 13867
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / DÉfense

Les ministres appellent une nouvelle fois à renforcer les capacités de défense européennes

Les ministres de la Défense des États membres de l’UE ont une nouvelle fois plaidé, mardi 12 mai, pour une accélération de la production européenne de matériel de défense. Selon eux, alors que de nombreux financements sont disponibles, l'industrie de la défense n'accélère pas sa production.

« La dissuasion est efficace si elle est crédible. Les États membres ont débloqué d'importants fonds, mais la production de l'industrie de défense en Europe n'a pas encore atteint son plein potentiel. Il nous faut donc une production d'armements plus rapide, moins coûteuse et livrée plus rapidement afin de combler les déficits capacitaires », a expliqué la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, à l’issue du Conseil, reconnaissant que l’accélération du développement du secteur n’était pas celle espérée.

Alors que les ministres ont insisté sur la nécessité pour l'industrie de livrer en temps voulu et en quantité suffisante les équipements, le président de l'Association européenne des industries aérospatiales et de défense (ASD), Micael Johansson, qui a rencontré le Conseil, a mis en lumière les difficultés du secteur. Dans un communiqué, l'ASD a notamment rappelé qu’une approche plus intégrée des marchés publics était essentielle. « Une coordination accrue entre les gouvernements européens, avec des exigences harmonisées, le regroupement des demandes, des procédures simplifiées et des indicateurs de demande fiables à long terme, permettra d'accélérer les livraisons, d'améliorer la rentabilité et de garantir l'interopérabilité », précise l’organisation.

Quelles que soient les difficultés, les Européens appellent à faire plus. « Nous devons absolument accélérer notre production de défense et procéder à des acquisitions communes afin de pouvoir produire nous-mêmes les capacités de défense dont nous avons besoin », a plaidé Mme Kallas.

« Aujourd'hui, la Russie est capable de produire près de cinq fois plus d'armements que l'Europe réunie. Cela représente donc une menace considérable pour nous », a rappelé le ministre lituanien, Robertas Kaunas. Il a mis avant la nécessité d’accélérer le développement des capacités de défense aérienne et anti-drones, quand son homologue estonien, Hanno Pevkur, a souligné le besoin de disposer de capacités de frappe en profondeur.

Ce dernier s'est cependant montré moins alarmiste que son voisin balte. « Ces dernières années, nous avons constaté une nette amélioration de la préparation de la défense européenne. Les dépenses de défense approchent déjà les 500 milliards d'euros. Avec 500 millions d'habitants et un tel arsenal de défense, nous pouvons, si nécessaire, défendre l'Europe. Bien sûr, nous devons encore développer de nombreuses capacités, car nos alliés nous les fournissent. Mais cela ne signifie pas que l'Europe ne peut pas se défendre. Si, elle le peut, et nous devons avoir davantage confiance en nous », a-t-il affirmé.

Renforcement du rôle de l’Agence européenne de défense. En amont du Conseil, les ministres, au sein du conseil d'administration de l'Agence européenne de défense (AED), ont approuvé la proposition de l’Agence visant à renforcer progressivement l’AED au cours des trois prochaines années. Ils ont validé la première phase, dont le lancement est prévu mi-2026, qui vise principalement à renforcer les fonctions d'innovation et d'expérimentation de l'Agence, ainsi que ses capacités en matière d'acquisitions.

« Nous avons constaté que trop de projets menés par différents États membres ne sont pas interopérables. Il est donc essentiel d'inciter les États membres à privilégier les achats conjoints, mais aussi l'innovation », a souligné Kaja Kallas. « L'Europe peut apporter une contribution cruciale en créant un environnement propice à l'innovation et au développement des capacités de production sur le marché européen », a estimé, pour sa part, le secrétaire d’État parlementaire allemand Sebastian Hartmann.

Concrètement, l’Agence va étendre ses campagnes d'expérimentation opérationnelle afin d'accélérer le développement et l'intégration des technologies émergentes dans les capacités de défense soutenant les forces armées. Elle va aussi mettre en place un centre collaboratif d’acquisition de matériel de défense réunissant des experts en contrats et en armement et lui permettant de gérer simultanément plusieurs projets d’acquisition. Ce centre se concentrera sur les services contractuels et les équipements 'sur étagère' et sera complémentaire aux agences nationales d’acquisition et à d’autres organisations internationales, telles que l’Organisation commune de coopération en matière d'armement (OCCAR).

Au-delà de l'innovation et de l'acquisition, la proposition de l'Agence s'articule autour de la consolidation de son rôle central dans le développement des capacités, le renforcement du soutien politique de l’AED, notamment les partenariats existants et potentiels avec des pays tiers et des organisations internationales, et enfin la mise en œuvre des mesures organisationnelles transversales pour accroître l’efficacité de l’Agence.

« Les autres axes d'action (autres que ceux approuvés mardi) seront précisés dans les prochains mois en étroite collaboration avec nos parties prenantes, les États membres », a précisé André Denk, directeur général de l'Agence, dans un communiqué. (Camille-Cerise Gessant)

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