Les membres du Parlement européen devront surmonter leurs divergences sur les contrats écrits et la protection des dénominations liées à la viande, lors du vote prévu mercredi 8 octobre sur la révision des règles de l’organisation commune des marchés (OCM).
La rapportrice sur le dossier, Céline Imart (PPE, française), a estimé, mardi 7 octobre, lors d'un débat en plénière, que le cœur de cette réforme était simple : « sécuriser l’agriculteur avec un contrat conclu avec son premier acheteur » afin de mettre fin à la précarité des relations commerciales souvent déséquilibrées et de garantir une rémunération juste. Cet objectif est abordé avec pragmatisme : un contrat peut être un simple courriel ou un engagement au moyen d'une application mobile et des dérogations sectorielles à l’échelle nationale sont prévues pour les filières qui en feraient la demande.
La première levée de boucliers face à ce texte, pourtant équilibré, est venue des coopératives. « Le Copa-Cogeca, pour certains, ne défend plus les agriculteurs, et je m’en désole », a lancé Mme Imart. À l’inverse, d’autres syndicats agricoles, notamment en France, en Italie et en Espagne, ont exprimé leur soutien aux compromis, « et je m’en réjouis », a-t-elle dit.
Elle a insisté sur la protection des dénominations liées à la viande (EUROPE 13724/8). « Un steak, une escalope ou une saucisse sont des produits issus de nos élevages », a répété Mme Imart, avant d’ajouter : « Il n’est aucunement question d’interdire les alternatives végétales ». Selon elle, l'opposition à cette disposition est venue de la grande distribution, notamment allemande. Mme Imart a appelé les députés à voter en faveur de son rapport.
Cristina Maestre (S&D, espagnole) s’est interrogée sur le vote des membres du PPE : « Il me paraît très étrange et même incompréhensible qu’à ce stade, certains députés soient encore opposés à la formalisation de contrats écrits ».
L’eurodéputé David Cormand (Verts/ALE, France) a souligné le déséquilibre dans la chaîne de valeur agricole, dominée par les géants de l’agroalimentaire et de la grande distribution, et a plaidé pour une rémunération juste des agriculteurs. Enfin, il a jugé stérile le débat autour des 'steaks de soja', estimant que l’extrême droite s’en sert pour détourner l’attention alors qu’elle « défend en réalité les industriels ». Selon lui, l'enjeu est de « mettre fin au système qui spolie les agriculteurs ». (Lionel Changeur)