Deux ans, jour pour jour, après l’attaque du Hamas en Israël, la Commission européenne a présenté aux eurodéputés réunis en session plénière, mardi 7 octobre à Strasbourg, une déclaration sur l'augmentation de l'antisémitisme en Europe, par l’intermédiaire du commissaire aux Affaires intérieures et la Migration, Magnus Brunner.
« La situation pour les Européens de confession juive se détériore », a affirmé le commissaire, rappelant qu’après l’attaque terroriste d’octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts et a conduit à l'enlèvement de 251 personnes, des crimes antisémites s'étaient multipliés, comme en témoigne le récent attentat à Manchester (Angleterre) (EUROPE 13722/28).
Face à un fléau « omniprésent », qui progresse tant dans les lieux publics qu’en ligne, Magnus Brunner a exprimé son inquiétude au regard d’un relent des « journées les plus sombres de l’histoire européenne ».
Selon lui, l’antisémitisme n’est pas seulement une menace pour les populations juives, mais « pèse sur les populations européennes et sur la société - la culture européenne qu'il a fallu des siècles à mettre en place ».
La Commission « lutter(a) contre l'antisémitisme en y consacrant tous les instruments politiques à (sa) disposition ».
Car, ainsi que l’a affirmé le commissaire Brunner, « si nous perdons cette bataille contre l’antisémitisme, c’est notre âme même d’Européennes et d’Européens que nous perdrons ».
Le commissaire a également pointé du doigt les amalgames consistant à rendre les communautés juives européennes responsables des actions du gouvernement israélien.
« On peut, bien entendu, critiquer les actions d’un gouvernement. En revanche, ce qui est inacceptable, c’est que l’on rejette sur les communautés juives européennes la faute des actions de l’État d’Israël », a-t-il ajouté, la campagne de représailles militaires israéliennes ayant fait plusieurs dizaines de milliers de morts - 67 160 du côté palestinien, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas - depuis deux ans.
Mais le combat européen contre l’antisémitisme ne se fera pas au détriment d’autres communautés, a insisté Magnus Brunner. « Il ne s’agit pas d’un clivage entre les Juifs et les autres religions. Il s’agit d’un clivage entre les démocrates et les extrémistes », a-t-il affirmé.
Et de conclure : « Je vous exhorte à faire front commun contre ce front de l’intolérance. Ils ne l’emporteront jamais ». (Nithya Paquiry)