La Présidence danoise du Conseil de l’UE compte mettre l’accent sur la mobilité équitable des travailleurs et la compétitivité lors des six prochains mois, avec une première réunion informelle organisée les 7 et 8 juillet à Aalborg précisément dédiée à ces thématiques.
Le renforcement du dialogue social sera l’autre grand pilier des priorités danoises en matière d’emploi et d’affaires sociales.
La Présidence ne devrait cependant pas avoir à gérer de nombreux dossiers législatifs, la Commission ayant promis des initiatives, potentiellement législatives, dans le cadre de la 'Feuille de route sur les emplois de qualité ou la mobilité' vers la fin 2025 et en 2026.
Si le PE acte son mandat, elle pourrait cependant lancer les trilogues sur la directive relative aux stages de qualité qui a fait l’objet d’un accord au niveau du Conseil de l’UE le 19 juin.
La Présidence espère aussi une orientation générale le 1er décembre sur la directive relative à la sixième révision de la liste des substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction, que la Commission doit encore présenter.
Une 'orientation générale' sera aussi visée à cette même date sur le règlement modifiant le soutien aux travailleurs touchés par un risque imminent de perte d'emploi dans les entreprises en restructuration (Fonds d’ajustement à la mondialisation).
Mais sur le dossier de la réforme de la coordination des régimes de sécurité sociale (règlement 883/2004), que la Présidence polonaise avait présenté comme une priorité, mais qui reste sans solution, le programme danois est peu bavard. La Présidence évoque bien la mobilité juste et la nécessité de travailler sur la numérisation pour moderniser cette coordination des régimes nationaux, mais ne parle pas de reprendre les travaux sur la réforme sur la table.
« La libre circulation des travailleurs est un pilier de la coopération européenne. Il est essentiel qu'elle se déroule dans des conditions équitables et décentes. La numérisation peut simplifier la coordination de la sécurité sociale au sein de l'UE, améliorer l'application et le contrôle des règles existantes et favoriser une circulation libre et équitable ».
« La Présidence danoise assurera le suivi du projet pilote sur le passeport européen de sécurité sociale (ESSPASS). Elle abordera également les défis et explorera des solutions liées à la libre circulation et à l'équité, notamment les conditions pour les travailleurs détachés – citoyens de l'UE et ressortissants de pays tiers – qui sont souvent vulnérables sur les marchés du travail européens », écrit-elle.
Concernant la compétitivité, il s’agira de travailler à « un accès suffisant à une main-d'œuvre qualifiée. La Présidence danoise mettra donc l'accent sur la libre circulation et l'équité, des conditions de travail décentes, la formation continue et la reconversion, ainsi qu'un environnement de travail sain et sûr, autant d'éléments essentiels à l'augmentation de la productivité dans l'ensemble de l'UE ».
Mais cela « en respectant les modèles nationaux de marché du travail et de protection sociale, ainsi que le rôle et l'autonomie des partenaires sociaux ».
Le dialogue social aux niveaux national et européen joue un rôle essentiel dans l'élaboration des politiques et la traduction des accords politiques en résultats tangibles pour les travailleurs, les entreprises et la compétitivité européenne. S'appuyant sur le nouveau Pacte pour le dialogue social européen, la Présidence danoise s'emploiera à renforcer le dialogue entre les partenaires sociaux.
L’inclusion sociale sera un autre thème de travail, tout comme la lutte contre le sans-abrisme.
La Présidence danoise prévoit aussi des conclusions sur le futur Plan pour le logement abordable.
Lien vers le programme : https://aeur.eu/f/HFO
Lien vers le calendrier : https://aeur.eu/f/hn2 (Solenn Paulic)