En amont de la COP30, qui se tiendra du 10 au 21 novembre prochains à Belém (Brésil), la Présidence polonaise du Conseil de l’UE a adressé une note aux États membres afin de préparer un échange de vues du Conseil ‘Environnement’ du 17 juin prochain.
Ces discussions concerneront la contribution déterminée au niveau national (NDC) que l’Union européenne devra transmettre aux Nations unies d’ici au 30 septembre.
Conformément à l’Accord de Paris, chaque partie contractante doit actualiser ses engagements climatiques tous les cinq ans. Le prochain cycle doit couvrir l’horizon 2035 avec des objectifs clairs, alignés sur la limite de réchauffement de 1,5°C.
Il s’agira ainsi de préciser la trajectoire climatique de l’UE pour 2035, entre l’objectif juridiquement contraignant d’une réduction d’au moins 55% des émissions nettes d’ici 2030 (par rapport à 1990) et celui de la neutralité carbone fixée pour 2050.
La note évoque plusieurs façons possibles de déterminer l’objectif climatique à inscrire dans la future contribution.
D'abord, s'appuyer sur la révision attendue de la 'loi climat' européenne, actuellement en cours de préparation.
Il est aussi possible de partir de la trajectoire déjà fixée par les engagements contraignants de l’UE. Une troisième possibilité consisterait à formuler une fourchette indicative, fondée sur les cibles existantes et les projections nationales officiellement rapportées. Ces différents éléments que sont la méthode de calcul, la valeur de l’objectif et l'échéance précise (2035 ou 2040) restent à éclaircir au niveau politique.
La rédaction du projet de NDC a débuté en mars au sein du groupe de travail sur le climat. Trois réunions ont permis d’avancer sur l’état des lieux des politiques en place et les avancées sur l’adaptation, la résilience et la finance durable. L’objectif chiffré, la méthode de calcul et le calendrier sont encore à définir.
Les ministres sont ainsi invités à clarifier leurs priorités politiques, à envisager des offres de négociation envers les partenaires internationaux et à s’accorder sur une ambition collective compatible avec les conclusions du premier 'Bilan mondial' adopté à Dubaï lors de la COP28.
Une position commune devra émerger avant l’échéance de septembre, afin de garantir à l’Union européenne son leadership dans les négociations climatiques à l’échelle internationale.
Côté Commission, une première série de dialogues de haut niveau sur la transition énergétique, organisés conjointement par la présidence de la COP30 et l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans la perspective de la COP, a eu lieu mercredi 11 juin.
Ainsi, la vice-présidente exécutive chargée d'une Transition propre, juste et compétitive, Teresa Ribera, a accueilli le président désigné de la COP30, l'ambassadeur André Corrêa do Lago, et le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol.
Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, quant à lui, a représenté l'Europe lors d'une table-ronde avec d'autres décideurs mondiaux dans le domaine de l'énergie et du climat, la veille de la 10e conférence mondiale annuelle sur l'efficacité énergétique, organisée conjointement par la Commission et l'AIE à Bruxelles, les 12 et 13 juin.
Cet événement sera l’occasion de revenir sur l’objectif de doublement du taux d'amélioration de l'efficacité énergétique mondiale d'ici 2030, convenu lors de la COP28 à Dubaï en 2023.
Lire la note préparatoire : https://aeur.eu/f/h9o (Pauline Denys et Nithya Paquiry)