Lors de la réunion informelle des ministres européens responsables de la politique de cohésion, mercredi 21 mai à Varsovie, « nous avons adopté une déclaration (https://aeur.eu/f/GWS ) soulignant notamment l'importance de la politique de cohésion au sein de l'Union », a déclaré la ministre polonaise, Katarzyna Pełczyńska-Nałęcz, en référence aux propositions attendues en juillet sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 (EUROPE 13644/20).
Elle a précisé que la déclaration montrait que les ministres s’opposent aux projets de la Commission européenne visant à parvenir à une centralisation de la gestion de cette politique.
La ministre a également indiqué que la déclaration comportait un volet sur la politique du logement et les inégalités régionales en matière d’habitat dans les pays de l’UE.
Une attention particulière a aussi été portée aux régions frontalières de la Russie, de la Biélorussie ou de l’Ukraine. Ces régions nécessitent une attention particulière de la part de l’ensemble de l’Union et ont besoin d’un soutien, faute de quoi elles risquent de « s’effondrer » démographiquement et économiquement, a mis en garde Mme Pełczyńska-Nałęcz.
Interrogée par la presse, Katarzyna Pełczyńska-Nałęcz a dit : « En juillet, nous verrons le projet de budget à partir de 2028, et la Pologne se bat pour un enjeu très important : maintenir la force de la politique de cohésion. Nous ne parions pas sur la centralisation ». Les pays qui défendent une vision plus centralisée de la politique de cohésion et qui insistent sur la compétitivité sont notamment le Danemark et les Pays-Bas.
La présidente du Comité européen des régions (CdR), Kata Tüttő, et Isabelle Boudineau (PSE, française), rapporteur, ont présenté la position de l’institution. Mme Tütto a défendu une politique de cohésion « forte et modernisée » pour faire face aux défis et a invité les États membres à lutter pour que les ressources allouées à la politique de cohésion soient maintenues « au moins au même niveau que celles de la période 2021-2027 ».
Isabelle Boudineau, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine, a demandé de ne pas déconnecter la cohésion et la compétitivité dans le futur budget de l’UE.
Le groupe S&D à la rescousse. Le groupe S&D au Parlement européen a adopté, mercredi 21 mai, sa position sur la politique de cohésion lors du prochain CFP. Il demande à la Commission européenne de renoncer à son idée de « reprendre la (gestion de la) politique de cohésion aux autorités régionales et locales et de la concentrer entre les mains des capitales nationales ».
Le groupe S&D estime que la politique de cohésion ne doit pas considérer le PIB comme l'indicateur principal pour la répartition des fonds. « Des régions ayant le même PIB peuvent avoir des caractéristiques très différentes, ce qui peut nécessiter des investissements très différents », selon le document.
Des travaux devraient être entrepris pour définir une série d'indicateurs qui prennent en compte les aspects socioéconomiques (pauvreté et exclusion sociale, structure sectorielle de l'économie, santé, accès aux services...), sécuritaires (exposition aux menaces sécuritaires posées par une frontière commune avec la Russie et/ou la Biélorussie, nécessité d'investir dans la défense, gestion des frontières) ou encore les défis démographiques, selon le groupe S&D.
Lien vers le document du groupe S&D : https://aeur.eu/f/gxx (Lionel Changeur)