login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13628
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Les énergies fossiles joueront encore un rôle important dans le mix énergétique mondial, selon l'AIE, notamment pour approvisionner l’Europe

Lors de la deuxième journée du Sommet mondial sur l’avenir de la sécurité énergétique à Londres, vendredi 25 avril, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol a réitéré fermement que les énergies fossiles avaient encore un rôle à jouer dans les années à venir - et ce notamment pour assurer la sécurité d’approvisionnement de régions dépendantes des importations comme l’Europe.

« Quel que soit le scénario, nous voyons que le pétrole et le gaz contribueront, à différents niveaux, au mix énergétique. Nous continuerons donc à examiner les questions de sécurité énergétique liées à ces énergies fossiles », a déclaré M. Birol.

Il a ajouté, cependant, que l’AIE accorderait davantage d'attention dans les années à venir « aux risques émergents en matière de sécurité énergétique », tels que l’accès aux métaux critiques et la diversification de leurs chaînes d'approvisionnement, actuellement dominées par la Chine.

Pour ce qui est de l'Europe, Tim Gould, économiste en chef pour l'énergie à l’AIE, a expliqué à Agence Europe que, pour l’UE, qui dépend des importations de combustibles, il existe une volonté de combiner « son intention de mettre en place un système énergétique de transition et ses impératifs en matière de sécurité énergétique ».

Davantage d’approvisionnement en GNL à l’avenir. La veille, lors du premier jour du sommet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déclaré que les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) américain restaient d’importance stratégique pour l’UE (EUROPE 13627/1).

Sur ce point, M. Gould a considéré effectivement qu’au cours des prochaines années, il y aura davantage d’approvisionnement en gaz sur le marché, notamment sous la forme de GNL en provenance du Qatar, mais aussi des États-Unis, « ce qui, à notre avis, atténuera les tensions que nous continuons d'observer aujourd'hui sur les marchés du gaz ».

Par ailleurs, il a estimé que ces nouveaux approvisionnements offriront à l’Europe « une marge de manœuvre » pour atteindre ses objectifs d’importations de gaz, en particulier pour se défaire complètement de la dépendance restante à l'égard du gaz russe. 

Nécessité de répondre à la demande mondiale croissante en énergie. De façon plus générale, cette affirmation très marquée de la part de l’AIE concernant le rôle majeur du gaz et du pétrole dans les années à venir pose la question de la volonté de ne pas indisposer les pays exportateurs d’énergie fossile, dont une dizaine étaient représentés lors de ce sommet, comme les États-Unis ou encore l’Irak.

Pour Tim Gould, il est légitime de reconnaître l'importance du pétrole et du gaz, étant donné que « nous partons d'un système où nous ne sommes pas encore en mesure de répondre aux besoins énergétiques croissants exclusivement à l'aide de sources d'énergie non fossiles ».

« Nous devons le reconnaître et réfléchir soigneusement avec les décideurs politiques à la façon de saisir les occasions pour passer à un système plus sûr et plus durable », a-t-il poursuivi.

Ainsi, l’AIE a récemment analysé qu’en 2024, le gaz naturel avait représenté une part importante de 28% de la croissance de l'approvisionnement énergétique mondial (contre 38% pour les énergies renouvelables, 15% pour le charbon, 11% pour le pétrole et 8% pour le nucléaire).

Importance de la coopération, malgré des intérêts contrastés. Interrogé, lors d'une conférence de presse, sur les résultats du sommet, Ed Miliband, secrétaire d'État anglais chargé de la Sécurité énergétique et de la Neutralité carbone, co-présidant l’événement, s’est dit très satisfait des discussions tenues. « C'est un événement sans précédent, qui réunit 60 pays pour la première fois dans ce contexte. Il s'agissait d'instaurer un dialogue, de coopérer et de se réunir pour travailler sur des solutions communes », a-t-il répété.

Il a toutefois reconnu « des intérêts différents » avec les États-Unis, qui ont réaffirmé, lors de ce sommet, vouloir miser sur l’exploitation accrue de leurs ressources fossiles et revenir sur les engagements climatiques de l’administration précédente.

« Une partie de notre travail en tant que gouvernements consiste à trouver un terrain d'entente », a néanmoins expliqué M. Miliband, indiquant notamment que les États-Unis étaient intéressés, tout comme le Royaume-Uni, par la « renaissance de l’énergie nucléaire ».

Ainsi, alors que les positions des différents pays autour de la table restent nuancées et que le monde se fragmente sur le plan géopolitique, la légitimité d’une agence comme l’AIE pour avancer sur la voie de la décarbonation mondiale peut être remise en cause.

Le directeur exécutif, Fatih Birol, a voulu transmettre, au contraire, le message que, lors de ce sommet, « tous les gouvernements, les membres de l’AIE et partenaires ont reconnu le rôle essentiel de l’Agence pour les questions relatives à la sécurité énergétique ». (Pauline Denys)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
CONSEIL DE L'EUROPE
Invasion Russe de l'Ukraine
BRÈVES