« Il nous faut surtout une volonté collective de tous les États membres du Conseil de l’Europe », a déclaré Julian Pahlke (Alliance 90/Les Verts, allemand) lors de l’ouverture de la conférence qui s'est tenue à Strasbourg mercredi 23 et jeudi 24 avril autour de l’importance de concevoir des « politiques publiques efficaces pour prévenir et gérer le cas des personnes migrantes disparues ».
Cet événement faisait suite à son rapport assorti d’une résolution sur ce même thème, adoptés en octobre 2024 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
Julian Pahlke a été nommé rapporteur de suivi pour cette résolution.
La conférence a réuni des membres de l'Assemblée, des praticiens de la médecine légale, des procureurs, des responsables des forces de l'ordre, des représentants d'organisations internationales, des acteurs clés de la société civile et des familles de personnes disparues dans le contexte des migrations.
Parmi les principaux intervenants figuraient Gehad Madi, rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme des migrants, Julia Black, du projet 'Migrants disparus' de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Tareke Brhane, président de l'ONG italienne 'Comitato Tre Ottobre', et Florian von König, responsable du plaidoyer mondial de l'Agence centrale de recherches du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
S’y sont également exprimés Michael O’Flaherty, Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, qui a soutenu l’idée de « points focaux centraux dans chaque pays » afin de rassembler les informations disponibles, ainsi que Gian Luca Esposito, Directeur général des droits de l’homme et de l’État de droit de l’organisation.
Insistant sur l’importance de la coopération internationale et sur la pertinence de l’échelle de 46 États membres qui est celle du Conseil de l’Europe, il a confirmé qu’un nouveau texte juridique en préparation par le Comité des ministres et consacré à la lutte contre le trafic de migrants pourrait « résoudre les problèmes de compétence et d’action en justice » également cruciaux en matière de disparition de migrants.
Il s’agit notamment de déterminer si les procureurs ont la capacité juridique d’agir.
« La non-identification des corps retrouvés devrait être l’exception », a déclaré Julian Pahlke dans un discours de conclusion, appelant à une obligation pour tous les États membres de tout faire pour y parvenir, et cela, « pas seulement après un naufrage » et « sans faire de différence en fonction d’une identité supposée ou de l’apparence ».
« Aucun pays ne devrait traiter la question seul », a-t-il répété en rappelant l’importance d’une banque de données centralisée, « peut-être sous l’égide d’Interpol » et en soulignant l’importance d’inclure les familles dans le processus.
Une « boîte à outils » permettant aux parlementaires d’agir sur cette question au niveau national et européen sera publiée d’ici la fin 2025.
Cette sensibilisation est nécessaire, car « le sort des migrants disparus n’est pas un sujet dont on parle beaucoup dans les États membres », a déclaré Leyla Kayacik, Représentante spéciale de la Secrétaire générale du Conseil de l’Europe sur les migrations et les réfugiés entre 2022 et 2024. (Véronique Leblanc)