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Bulletin Quotidien Europe N° 13616
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Les États membres de l'UE appellent au calme dans les tensions commerciales transatlantiques

Alors que les bourses mondiales subissent une onde de choc depuis l’annonce des « tarifs réciproques » du président américain, Donald Trump, le 2 avril, les États membres de l’UE appellent au calme. Ils recommandent à la Commission européenne de continuer à négocier avec l’administration américaine, dans l’espoir d’un revirement, avant de faire de nouvelles annonces. Les ministres du Commerce de l’UE, réunis à Luxembourg lundi 7 avril, se sont montrés unis derrière cet objectif.

« Chacun de nous préférerait une solution négociée qui puisse nous éloigner d’une potentielle guerre commerciale », a affirmé le sous-secrétaire d’État polonais au Développement économique, Michał Baranowski, au sortir de la réunion avec ses homologues. Et ce, même si les opinions divergent sur la méthode pour arriver à un accord avec les États-Unis.

En amont de la réunion, le sous-secrétaire d’État polonais insistait sur le besoin, selon lui, de mettre la coopération avant les menaces dans le jeu des négociations : « Jusqu’ici, l’approche a peut-être été un peu trop dans l’esprit ‘tirons d’abord et parlons ensuite’ ».

La Commission européenne répète à l’envi que l’UE demeure prête à négocier. À la fois la présidente de l’institution, Ursula von der Leyen, et le commissaire européen chargé du Commerce, Maroš Šefčovič, ont déclaré, lundi 7 avril, que l’UE avait proposé un accord aux États-Unis pour une suppression réciproque et totale des tarifs sur les produits industriels. Cette offre, formulée dès février, n’a pas reçu une « réaction adéquate » de la part de l’administration américaine, a indiqué Ursula von der Leyen. Toutefois, l’offre est « toujours sur la table », selon elle.

Maroš Šefčovič s’est félicité d’avoir un contact régulier avec le Secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, et avec le Représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. D’après plusieurs sources européennes, toutefois, l’échec des négociations jusqu’ici ne doit pas leur être attribué. C’est plutôt le Président américain et son équipe rapprochée qui ne prêtent pas l’oreille aux propositions européennes.

Préparation des premières contre-mesures. Dans la mesure où l’objectif de la Commission européenne doit être de négocier une solution, la riposte ne doit pas concentrer tous les efforts, selon plusieurs pays membres de l’UE.

Les ministres du Commerce letton, italien et irlandais ont appelé à prendre le temps de négocier et ne pas précipiter les mesures de rétorsion. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a même soumis l’idée de reporter la première vague de contre-mesures européennes et de « geler » la première liste de produits sujets à des tarifs.

Le commissaire chargé du Commerce a toutefois confirmé le calendrier prévu pour la première vague de mesures en réponse aux tarifs américains sur l’acier et l’aluminium. Lundi 7 avril au soir, la Commission prévoyait d’envoyer la liste exacte de produits concernés aux États membres afin qu’ils l’approuvent lors d'un vote mercredi 9 avril.

Si les Vingt-sept donnent leur feu vert ce mercredi, les tarifs entreront en vigueur la semaine suivante, le 15 avril. La deuxième vague de tarifs, également annoncée le 12 mars, devrait être appliquée un mois plus tard.

Selon Maroš Šefčovič, il n’est plus question de retarder ces droits de douane : l’UE a montré sa volonté de négocier à maintes reprises et cela n’a pas empêché Donald Trump d’imposer ses différents tarifs. « C’est pourquoi je pense que nous devons procéder à l’adoption des contre-mesures », a-t-il affirmé.

La suite de la contre-attaque. Pour ce qui est de la suite de la riposte, le message de la Commission européenne n'a pas varié depuis le 2 avril : tous les outils sont sur la table, la priorité est, pour l’instant, à la négociation.

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, estime que l’UE a les moyens d’agir avec « détermination », car, selon lui, les États-Unis sont désormais en position de faiblesse. « Les déclarations d’Elon Musk que l’on a pu voir durant le week-end le prouvent ». Il faisait référence à la déclaration du milliardaire américain Elon Musk, qui a défendu une zone de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne.

Robert Habeck a évoqué deux pistes qui lui paraissent crédibles pour répondre aux Américains : la hausse des prix sur les exportations de produits pharmaceutiques, dont les États-Unis dépendent, ainsi que l’usage de l’outil ‘anti-coercition’.

Même son de cloche chez son homologue français, Laurent Saint-Martin, qui estime que ni les mesures sur les services américains ni l’utilisation de l’outil ‘anti-coercition’ ne doivent être exclus.

« Si vous ne montrez pas que vous avez une possibilité de riposte s'il n'y a pas de volonté en face de désescalade, alors effectivement vous ne rentrez pas dans la négociation avec de bonnes armes et de bons moyens », a-t-il indiqué à l'issue de la réunion, tout en défendant bec et ongles l'objectif de réduction des tarifs. (Léa Marchal)

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