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Bulletin Quotidien Europe N° 13471
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Josep Borrell souhaite des sanctions contre deux ministres israéliens

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, jeudi 29 août, avoir proposé aux États membres d’adopter des sanctions à l’encontre de certains ministres israéliens.

« J’ai initié la procédure afin de demander aux États membres s'ils souhaitent, s'ils jugent opportun, d'inclure dans notre liste de sanctions certains ministres israéliens », a-t-il expliqué à son arrivée au Conseil informel à Bruxelles, précisant par après qu'il s'agissait de deux ministres. Il s’agirait donc du ministre israélien à la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a proposé en début de semaine l’instauration d’une synagogue sur l’esplanade des Mosquées, et du ministre des Finances, Bezalel Smotrich. Selon M. Borrell, ces ministres ont lancé des « messages de haine » contre les Palestiniens et proposé des choses « qui vont clairement à l’encontre du droit international et qui constituent une incitation à commettre des crimes de guerre ». Il a également qualifié d’« inquiétant » et d’« inacceptable » l’appel du ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, à déplacer les populations de Cisjordanie et a qualifié Ben Gvir de ministre  « extrémiste ».

« L'UE ne doit pas avoir de tabous pour utiliser sa boîte à outils afin de faire respecter le droit humanitaire », a ajouté le Haut Représentant. 

Rappelant que la décision appartenait aux États membres, M. Borrell a reconnu qu’il n’y avait pas d’unanimité parmi les ministres tout en ajoutant que le travail allait se poursuivre au niveau technique.

À son arrivée au Conseil, le ministre irlandais, Micheál Martin, a appuyé la proposition de M. Borrell. « Nous soutiendrons la recommandation de Josep Borrell concernant des sanctions à l'encontre des organisations de colons en Cisjordanie qui facilitent l'expansion des colonies ainsi que des ministres israéliens », a-t-il souligné. Plusieurs ministres des Affaires étrangères – dont la Belge Hadja Lahbib, l’Espagnol José Manuel Albares et le Suédois Tobias Billström - se sont dits favorables à des mesures supplémentaires à l’encontre de colons violents, mais ne se sont pas exprimés sur les ministres. « Ce n'est pas avec la reconnaissance théorique de la Palestine, avec les sanctions contre les ministres israéliens que l'on peut résoudre le problème », a estimé pour sa part l’Italien Antonio Tajani.

Utiliser l’accord et le Conseil d’association pour discuter avec Israël

M. Albares et son homologue irlandais, Micheál Martin, ont également rappelé que l’UE devait utiliser le Conseil et l’accord d’association UE/Israël pour discuter de la situation.

Le premier a dénoncé le niveau de violence « insupportable » à Gaza et en Cisjordanie. « Il faut utiliser toutes les gammes de mesures disponibles, parmi lesquelles l'accord d'association, pour parvenir à la paix et au respect des décisions contraignantes de la Cour internationale de Justice (CIJ) », a souligné M. Albares.

Selon M. Martin, l’avis de la Cour internationale de justice renforce la décision de l'Espagne et de l'Irlande de convoquer une nouvelle réunion du Conseil d’association « et, en particulier, de mettre en lumière le fait que les clauses relatives aux droits de l'homme de cet accord (d'association, NDLR) ne sont pas respectées ». « Il est très clair que les États ont désormais des obligations en termes d'engagement avec Israël concernant les territoires occupés, en particulier de ne rien faire qui soutiendrait cette occupation illégale des territoires palestiniens », a-t-il ajouté.

Appel à mettre un terme à la violence

Sur X, le commissaire européen à l’Aide humanitaire, Janez Lenarčič, a publié une déclaration du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, appelant Israël et les États membres, « en particulier ceux qui ont de l’influence, à mettre un terme aux attaques des forces de sécurité israéliennes, à la violence des colons et au transfert forcé de Palestiniens en Cisjordanie occupée ».

« Peut-être que (certains ministres) ne se soucient pas d'une solution à Gaza parce que tout retour au calme rendrait plus difficile la poursuite de leur programme colonial en Cisjordanie ? », s'est interrogé M. Borrell.

Selon l’ONU, depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, au moins 637 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par l’armée israélienne ou des colons.

Accord pour une réunion à haut niveau à New York

Par ailleurs, le Haut Représentant a annoncé avoir obtenu un accord pour une nouvelle réunion à haut niveau sur le Proche-Orient en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à la fin du mois, à New York. Selon lui, les pays arabes et les États-Unis ont déjà confirmé leur participation. (Camille-Cerise Gessant avec Mathieu Bion)

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