L'Union européenne a exhorté, jeudi 29 août, à des pauses humanitaires immédiates à Gaza pour permettre la vaccination de plus de 640 000 enfants contre la poliomyélite. Après 25 ans, un premier cas de virus de la poliomyélite a été détecté en juillet.
« L'UE se félicite de la livraison de plus de 1,2 million de vaccins oraux contre la polio ainsi que de la coopération d'Israël dans l'acheminement des vaccins à Gaza et souligne qu'il importe que toutes les parties continuent de coopérer avec l'OMS, l'UNRWA et l'UNICEF pour mener à bien l'opération de vaccination », a déclaré jeudi le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.
Jeudi, l'UNRWA, par la voix de son directeur adjoint de terrain, Sam Rose, a indiqué sur le réseau social X que le lancement d'une campagne de vaccination d'envergure était prévu pour samedi 31 août.
L'UE a insisté sur la nécessité de protéger les infrastructures sanitaires et d'assurer un accès sécurisé aux sites de vaccination. « Il faut éviter une épidémie au sein d'une population déjà affaiblie par plus de dix mois de combats et de déplacements, de malnutrition, de manque de services de santé de base et de conditions sanitaires déplorables », a estimé M. Borrell.
Jeudi, plusieurs ministres européens des Affaires étrangères, réunis lors d'un Conseil informel à Bruxelles (voir autre nouvelle), ont réaffirmé une nouvelle fois l'urgence d'un cessez-le-feu.
« Les doses de vaccin sont prêtes. Non seulement elles doivent entrer à Gaza maintenant, mais elles doivent bien sûr être inoculées », a déclaré la ministre allemande, Annalena Baerbock.
La coordinatrice de l'ONU pour l’aide humanitaire et la reconstruction à Gaza, Sigrid Kaag, qui était invitée à présenter les dernières observations onusiennes du terrain, a évoqué « une tragédie humanitaire » aux « proportions sans précédent ».
« Si l'on considère l'absence d'eau, la difficulté à se procurer de la nourriture, à nourrir son enfant et le fait que la majorité des personnes vivent sous des tentes et ont été déplacées plusieurs fois au cours de la même période (...), nous avons besoin d'une augmentation massive de l'aide humanitaire », a conclu Mme Kaag. (Bernard Denuit)