Dans une notre d’orientation publiée en juillet, le centre de réflexion (‘think tank’) ECIPE se penche sur le commerce des services comme secteur économique stratégique de l’UE. Les auteurs de la note formulent des recommandations pour mieux capitaliser sur cet avantage comparatif.
Ils démontrent que la productivité dans les services de l’information, les services aux entreprises et la distribution dépasse, depuis plusieurs années, celle de la production de biens. C’est particulièrement le cas pour l’UE, dont la part de commerce de services dans le PIB montre une croissance continue tandis que celle du commerce des biens stagne.
Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) a été particulièrement performant ces dix dernières années : entre 2010 et 2020, les exportations de services dans les TIC ont connu une croissance annuelle de 8,5%, comparé à 2% pour le domaine des produits chimiques ou 1,4% pour celui de la machinerie.
Bien que les exportations dans les TIC soient concentrées dans quatre pays membres (l’Allemagne, l’Irlande, la France et les Pays-Bas), les autres connaissent également une balance commerciale positive dans ce secteur, soulignent les auteurs du document.
Ils formulent plusieurs recommandations politiques pour miser sur cet avantage compétitif. Les pays membres pourraient, tout d'abord, chacun de leur côté, prendre un maximum en compte l'interconnexion entre le commerce des biens et des services dans leurs politiques commerciale et industrielle, selon l'ECIPE.
Autre piste donnée : la coopération réglementaire avec des partenaires commerciaux majeurs pour prévenir les potentiels obstacles au commerce. « Si les régulateurs du monde entier réfléchissent chacun dans leur coin, ces nouvelles réglementations créeront une nouvelle série de défis commerciaux pour de nouvelles barrières non tarifaires affectant le commerce des services », mettent en garde les auteurs.
Les protocoles d’accord ou les accords de reconnaissance mutuelle peuvent notamment être exploités à cette fin, d’après l'ECIPE.
Enfin, la coopération multilatérale est à privilégier pour assurer un minimum d’harmonisation. Plusieurs axes de travail sont envisageables à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), expliquent les auteurs du document. Il est toutefois difficile d'engager des réformes à l'OMC, dans la mesure où celles-ci sont adoptées par consensus entre l’ensemble des membres.
Environ la moitié d’entre eux ont soumis, vendredi 26 juillet, un texte d’accord sur le commerce électronique, qui doit désormais récolter le soutien de tous les membres pour être appliqué (EUROPE 13462/8).
Voir la note d’ECIPE : https://aeur.eu/f/d5r (Léa Marchal)