Les résultats provisoires du lundi 10 juin, à 2h47 du matin, ont confirmé les projections de ces derniers mois pour les écologistes, qui perdraient 19 sièges au Parlement européen. Retombé à 52 élus, un chiffre légèrement en deçà des dernières projections d'Europe Elect, qui en estimait 55, le groupe Verts/ALE retrouve ainsi un contingent proche d'il y a dix ans, loin de la vague qui l'avait porté en 2019.
Une défaite attendue, comme l’a admis la co-tête de liste du ‘Parti vert européen’, le néerlandais Bas Eickhout : « En 2019, nous avions eu des résultats records. Nous savions que nous ne les reproduirions pas.»
Le co-'Spitzenkandidat' écologiste a toutefois tenu à nuancer cette déroute : « Pour être tout à fait juste, cela est principalement dû aux pertes que nous avons subies en Allemagne et en France. Nous avons également obtenu de très bons résultats, si vous regardez à travers l'Europe ».
Ainsi, la délégation allemande, qui reste la plus importante avec 16 élus, en a perdu 9, tandis que la délégation française, qui avait également marqué la surprise il y a cinq ans, se voit amputée de 7 sièges, sur les 12 qu’elle possédait, dépassant difficilement les 5% requis afin d’envoyer des représentants au Parlement. D’autres pertes moins significatives sont également observées du côté de l’Autriche, de la Belgique et de la République tchèque.
Mais des percées sont constatées : la Lettonie et la Croatie, avec un eurodéputé chacune, ont permis de nouvelles entrées pour les Verts.
Le Danemark a également gagné un siège, avec trois élus. Par ailleurs, aux Pays-Bas, la liste combinée des Verts et des sociaux-démocrates, GroenLinks-PvdA, est arrivée en tête ; permettant ainsi aux Verts de maintenir leurs 4 sièges.
Les Verts espagnols, italiens, suédois et luxembourgeois ont également conservé leurs sièges.
Des victoires qui témoignent de la résistance des idées écologistes. Néanmoins, M.Eickhout reconnaît : « En 2024, le vent a tourné et certains partis ont immédiatement abandonné la question du climat ou ont même parfois fait campagne contre ».
De fait, le groupe Verts/ALE, jusqu’alors 4e force politique du PE se trouve désormais devancé pas le groupe des Conservateurs et réformistes européens et celui d'extrême droite, Identité et démocratie.
Face à cette montée de la droite radicale, Bas Eickhout a appelé les « forces progressistes à travailler ensemble ».
Voir les résultats des élections européennes et les dernières projections du futur hémicycle du PE : https://aeur.eu/f/cl0 (Nithya Paquiry)