La Deutsche Bundesbank a publié, lundi 29 avril, une étude menée par Rhys Bidder, Timothy Jackson et Matthias Rottner, incluant une enquête auprès d’environ 6 000 ménages allemands, analysant de l'impact sur les banques, la stabilité financière et l'économie d'une introduction de monnaie numérique des banques centrales (CBDC).
Appétence pour une CBDC. Les auteurs soulignent que peu de répondants sont familiers avec l’euro numérique, mais que, dans une Allemagne particulièrement attachée à l'argent liquide, ils notent qu'une majorité de l'échantillon sondé présente une ouverture à une potentielle CBDC. Ainsi, 87% des personnes interrogées sont, selon les auteurs, « ouvertes » à la CBDC, tandis que les personnes « enthousiastes » vis-à-vis de la CBDC représentent environ 46% de l'échantillon et les répondants « réticents » représentent 7% .
Désintermédiation. Examinant l’impact potentiel sur les banques de l'introduction d'une CBDC, les auteurs ont testé l'éventualité d'une « désintermédiation lente » (dans une situation où la CBDC concurrence les dépôts bancaires en temps normal) ainsi que les risques d’une « désintermédiation rapide », en cas de choc entraînant des retraits massifs de dépôts des banques.
D’après le sondage, la monnaie liquide reste la forme préférée pour ces retraits, mais les auteurs notent que, confrontés à l’éventualité de tensions bancaires générales, plus de la moitié des sondés prévoient de retirer une part d'avoirs sous forme d'euros numériques. Cette tendance serait plus prononcée chez les personnes ayant reçu des informations supplémentaires quant à la sécurité relative de la CBDC par rapport à une monnaie privée.
Calibration de la CBDC : limites et rémunération. Les auteurs ont aussi examiné la question hautement politique des limites de détention d'euros numériques. Ils soulignent qu’une CBDC sans limites réduirait le bien-être (welfare). Cependant, ils affirment qu’avec une limite de détention correctement calibrée, l’euro numérique a le potentiel d’améliorer le bien-être.
Les auteurs font une proposition très prudente en avançant que, selon leur modèle et la demande prospective évaluée pour les CBDC, la limite optimale de détention d’avoirs en euros numériques pourrait se situer entre 1 500 et 2 500 euros.
L’étude teste également les comportements des ménages face à différents niveaux de rémunération des avoirs en euros numériques. Cependant, l’option envisagée pour l’euro numérique écarte actuellement toute rémunération : il ne sera pas conçu principalement comme une réserve de valeur.
Plus d'informations : https://aeur.eu/f/c24 (Émilie Vanderhulst)