Dans son discours lors du 9e Forum sur la cohésion, qui s’est tenu jeudi 11 et vendredi 12 avril à Bruxelles, la commissaire à la Cohésion, Elisa Ferreira, a souligné le besoin de se tourner vers l'avenir et de voir « comment nous pouvons améliorer la politique » de cohésion.
Elle a rappelé que de nombreuses régions ont des niveaux de développement inférieurs à 75% de la moyenne de l'UE. « Il existe encore de nombreux déséquilibres, de nombreuses régions connaissant d'énormes problèmes de développement », a-t-elle souligné.
Les données montrent également que certains des pays et régions qui connaissent une croissance rapide le font sur la base d'un déséquilibre interne important. « Cela est dû à un effet d'aspiration, où les zones plus développées aspirent les entreprises les plus performantes, les technologies les plus sophistiquées, les meilleures opportunités d'emploi et d'éducation, la meilleure recherche, la meilleure innovation », a expliqué Mme Ferreira. Il convient donc, selon elle, de mieux combiner les différents atouts des grandes villes, des villes moyennes et petites et des zones rurales.
En outre, en raison de la crise financière de 2008, environ un tiers des régions de l'UE, où vivent 150 millions de personnes, n'ont pas encore retrouvé leur niveau de PIB par habitant de 2008.
Il faut que la plus grande partie de l'aide de l'UE aille aux régions qui ont le moins de moyens de subvenir à leurs besoins, selon Elisa Ferreira, et « apporter un soutien différent aux régions à revenu intermédiaire pour les aider à ne pas tomber dans les pièges du développement, ainsi qu'aux régions les plus développées pour qu'elles s'appuient sur leurs forces et entraînent le reste de l'économie avec elles ».
Elle a suggéré une plus grande attention aux réformes (en s’inspirant de la facilité pour la reprise et la résilience) pour cibler les soutiens.
Le président du Comité européen des régions (CdR), Vasco Alves Cordeiro, a estimé que si « nous ne mobilisons pas et ne défendons pas une vision commune d'une politique renouvelée pour toutes les régions, fondée sur ses principes fondamentaux, nous risquons de nous retrouver avec une politique de cohésion qui n'en aura que le nom. Et cela constitue une menace pour le projet de l'Union européenne dans son ensemble ». (Lionel Changeur)