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Bulletin Quotidien Europe N° 13232
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Banques

Le secteur bancaire européen peut résister aux chocs macroéconomiques, estime l'Autorité bancaire européenne

Les résultats des tests de résistance, que l'Autorité bancaire européenne (EBA) a publiés vendredi 28 juillet, démontrent que le secteur bancaire de l'Union européenne « est suffisamment capitalisé pour continuer à soutenir l'économie », même si ses pertes cumulées s'élèveraient à 496 milliards d'euros en cas de matérialisation d'un scénario très pessimiste.

Les stress tests ont évalué la façon dont les banques réagiraient à la matérialisation de risques de crédit, de marché et opérationnels en cas de retournement drastique de la conjoncture économique. Pour le scénario le plus pessimiste, ont été pris en compte, sur la période triennale 2023-2025, les facteurs suivants : - une chute cumulative du PIB de l'UE de 6% ; - une inflation bien supérieure au scénario de base (+3 points de pourcentage en 2023, 1,9 pp en 2024 et 1,5 en 2025) ; - une hausse cumulée des taux d'intérêt à long terme de 183 pp ; - une hausse du chômage de 6,1% par rapport au taux observé début 2023 ; - une chute des cours boursiers de 55% en 2023 et de 43% en 2025 ; - une chute cumulée des prix immobiliers de 21% pour le secteur résidentiel et de 29% pour le secteur commercial.

D'après l'EBA, en cas de matérialisation du scénario le plus pessimiste, la part du capital de qualité optimale (CET1) du panel composé de 70 banques diminuerait de 15 à 10,4%, soit une perte cumulée de 271 milliards d'euros.

Par rapport aux tests de résistance opérés en 2021 (EUROPE 12773/8), la perte serait moindre, malgré un scénario adverse plus sévère cette année, mais davantage répartie au sein de l'industrie. Cela est dû à un point de départ, fin 2022, où les banques sont plus robustes en termes de capital CET1 et où la qualité de leurs actifs est meilleure, avec un ratio de prêts non performants inférieur à 2%.

En cas de matérialisation du scénario le plus pessimiste, seulement trois banques ne seraient pas en mesure de se conformer aux exigences prudentielles minimales en matière de détention de capital CET1 et quatre banques ne respecteraient pas les exigences en matière de ratio d'endettement avec effet de levier. L'EBA fait toutefois observer que l'exercice n'a pas vocation à identifier les banques qui réussissent ou échouent aux stress tests, avec pour conséquence d'imposer de nouvelles obligations en fonds propres aux institutions financières qui apparaîtraient les moins capitalisées en cas de matérialisation du scénario adverse. Les résultats des tests visent surtout à nourrir la surveillance que les superviseurs bancaires exercent sur les groupes bancaires passés au crible.

L'une des particularités des stress tests de 2023 concerne la ventilation des pertes observées selon l'exposition des banques par secteur. Ainsi, en cas de matérialisation du scénario le plus pessimiste, les banques les plus touchées seraient celles exposées aux secteurs de l'hébergement et de la restauration, des biens manufacturés et intensifs d'un point de vue énergétique.

Lors de l'exercice 2023, le panel analysé comporte 20 banques de plus qu'en 2021, soit un total de 70 banques provenant de l'UE et des pays de l'EEE, dont 57 banques établies dans la zone euro. Au total, 75% des actifs bancaires totaux sont couverts.

Dans ses tests de résistance bancaire, l'EBA n'a pas analysé le risque de liquidité, en référence aux causes de plusieurs faillites bancaires observées ce printemps aux États-Unis. Même chose pour le risque climatique. L'autorité européenne est d'ailleurs en train de mettre au point, en parallèle, une méthodologie pour tester la capacité du secteur financier à faire face aux exigences du paquet législatif 'Fit for 55'.

« Les banques européennes ont prouvé qu'elles étaient capables de résister à des événements réels, qu'il s'agisse de la pandémie de Covid-19, de la guerre en Ukraine ou des récentes turbulences au sein du système bancaire régional américain », s'est félicité Wim Mijs, au nom de la Fédération bancaire européenne, dans un communiqué.

Voir les résultats des tests de résistance bancaire : https://aeur.eu/f/8a8  (Mathieu Bion)

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