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Bulletin Quotidien Europe N° 13875
INSTITUTIONNEL / Eu2026ie

Il n'y a « aucune raison » de ne pas finaliser, avant fin 2026, les négociations sur le budget de l'UE post-2027, estime Thomas Byrne

Le ministre irlandais des Affaires européennes et de la Défense, Thomas Byrne, a estimé qu'il y avait « assez de temps pour parvenir, avant fin 2026, à un accord » unanime des États membres sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, mercredi 27 mai, lors d'un événement sur les priorités de la Présidence irlandaise du Conseil de l'UE du deuxième semestre 2026.

Il n'y a « aucune raison » qui empêcherait de respecter un tel objectif, a souligné M. Byrne, mettant en garde contre les « vents politiques » contraires qui pourraient souffler en 2027, année électorale dans plusieurs pays de l'UE.

S'exprimant au lendemain d'une discussion sur le CFP post-2027 au Conseil 'Affaires générales' (EUROPE 13874/1), le ministre a observé un point de bascule entre les discussions auparavant « techniques » sur le changement de structure du futur CFP, et celles désormais « politiques », matérialisées par les prises de positions des pays 'amis de la cohésion' et des pays « frugaux ou modernisateurs », dont l'Irlande fait désormais partie. 

Après que les dirigeants européens auront commenté, les 18 et 19 juin, les propositions chiffrées à venir de l'actuelle Présidence chypriote du Conseil, il reviendra à la Présidence irlandaise de préparer un deuxième cadre de négociation chiffré en vue du sommet européen d'octobre.

La Présidence irlandaise coopérera avec le président du Conseil européen, António Costa, qui effectuera en septembre un tour des capitales consacré au CFP et reprendra le dossier en main après le sommet d'octobre.

Le dirigeant irlandais a loué les règles subordonnant l'octroi de fonds européens au respect de l'État de droit, introduites en 2021 et contestées sans succès par la Hongrie et la Pologne à l'époque. « Je suis convaincu que ces règles ont eu un impact sur les élections » en Hongrie, a indiqué M. Byrne, élections qui se sont soldées par l'éviction du pouvoir de M. Orbán.

Élargissement. Interrogé sur le traitement à réserver aux pays candidats à l'adhésion à l'UE, le ministre irlandais a souligné l'importance du processus basé sur le mérite propre des pays concernés. « Le Monténégro » est, selon lui, le plus proche d'une adhésion, la rédaction du traité bilatéral d'adhésion ayant été enclenchée.

Concernant les différentes options évoquées pour permettre une intégration rapide de l'Ukraine dans l'UE dans le cadre d'un accord de paix global avec la Russie, M. Byrne ne les a pas catégoriquement rejetées. « Cela nécessite une discussion » au niveau des Vingt-sept, mais, d'ici là, « nous devons faire avec le processus dont nous disposons », a-t-il considéré.

Il a espéré que la question de l'ouverture formelle des négociations d'adhésion entre l'UE et l'Ukraine, bloquée par la Hongrie jusqu'à la chute du gouvernement Orbán, sera résolue « dans les prochaines semaines ». Dans l'intervalle, des négociations sur la situation de la minorité hongroise en Ukraine ont débuté entre Kiev et le nouveau gouvernement de Péter Magyar, un accord étant espéré d'ici au sommet européen de juin.

Compétitivité/Simplification. Au deuxième semestre 2026, la Présidence irlandaise s'emparera des dossiers législatifs visant à stimuler la compétitivité économique dans l'UE, parmi lesquels les projets de règlement pour l'accélération industrielle (IAA) et le 28e régime des entreprises européennes.

Sans sous-estimer la charge de travail qui échoira aux autorités de son pays, le ministre a considéré que la 'feuille de route' pour l'approfondissement du marché intérieur leur rendra la tâche plus facile (EUROPE 13856/4).

Désireux d'avancer « aussi loin que possible » les travaux intersectoriels de simplification de la réglementation de l'UE, il a estimé possible d'alléger la charge administrative sans renier les normes environnementales et sociales. Il a plusieurs fois mentionné les règles encadrant « la délivrance de permis » qui freinent le lancement de projets d'infrastructures, notamment dans le secteur du « logement », « sans pour autant renforcer la protection de l'environnement ».

SIU. Quant à l'Union de l'épargne et des investissements, M. Byrne a considéré que l'UE devrait faire beaucoup plus pour mobiliser l'épargne privée disponible afin d'investir en faveur des transactions climatique et numérique.

L'Irlande, néanmoins, n'est pas très enthousiaste pour ce qui est d'un transfert, au niveau de l'UE, de la supervision d'entités financières.

Défense. En ce qui concerne les « incidents » ayant affecté plusieurs pays, comme le Danemark et Chypre, le dirigeant irlandais s'est dit confiant que la Présidence irlandaise se déroulera en toute sécurité.

Non membre de l'OTAN, l'Irlande jouera pleinement son rôle si un pays invoque l'article 42.7 du traité TUE relatif à « une assistance mutuelle » entre États membres, a-t-il assuré, insistant sur une différence sémantique entre les clauses d'assistance mutuelle de l'UE et de défense mutuelle de l'OTAN.

Le Conseil européen a demandé à la Commission européenne d'élaborer un plan d'action ('blueprint') décrivant la manière dont l'UE réagira si un État membre invoque l'article 42.7 TUE (EUROPE 13856/5). (Mathieu Bion)

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