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Bulletin Quotidien Europe N° 12777
ACTION EXTÉRIEURE / Afghanistan

Réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l'UE, mardi 31 août

La Présidence slovène du Conseil de l’Union européenne a annoncé, jeudi 26 août, la tenue, mardi 31 août, d’une réunion exceptionnelle des ministres européens de l’Intérieur, pour discuter notamment des répercussions potentielles de la crise afghane en termes de migration et de sécurité. Les ministres des pays associés de l'espace Schengen devraient aussi y participer.

Selon un projet de déclaration, distribué par la Présidence slovène aux délégations de l’UE et qui était discuté en groupe de travail jeudi 26 août, les ministres pourraient, mardi, souligner que la « gravité de la situation en Afghanistan exige une réponse forte et concertée à ses nombreuses dimensions ». Une coordination sur toutes les dimensions de la situation en Afghanistan (humanitaire, migration, sécurité, politique étrangère) est cruciale, ajoute le projet obtenu par EUROPE.

Selon les autorités slovènes, « l'UE et ses États membres sont déterminés à agir conjointement pour éviter que la situation migratoire rencontrée en 2015 ne se reproduise ».

Dans un tweet du 22 août, le Premier ministre slovène, Janez Janša, avait expliqué que les Européens ne répéteraient pas « l’erreur stratégique » de 2015.

La Présidence du Conseil ajoute que l'UE et ses États membres restent déterminés à protéger efficacement les frontières extérieures de l'UE, tout en ajoutant qu’il est nécessaire de soutenir et de fournir une protection adéquate à ceux qui en ont besoin, conformément à la législation de l'UE et à ses obligations internationales.

Selon le projet de déclaration, l’Union doit parler d'une seule voix et éviter d'envoyer des messages qui pourraient potentiellement agir comme des facteurs d'attraction des populations. « Nous devrions tout mettre en œuvre pour que les migrants bénéficient d'une protection dans la région même » de l’Afghanistan, explique la Présidence slovène.

De plus, l'UE continuera à se coordonner avec les partenaires internationaux pour contribuer à stabiliser la région et veiller à ce que l'aide humanitaire soit acheminée vers les populations vulnérables en Afghanistan et dans les pays voisins. Elle poursuivra son travail pour renforcer les capacités des pays tiers, qui accueillent le plus de migrants, à offrir des conditions d'accueil dignes et sûres, ajoute la Présidence. Cette coopération devrait inclure le renforcement des capacités en matière de gestion des frontières, de prévention du trafic de migrants et de traite des êtres humains.

Un soutien pourrait être apporté sous la forme d'une réinstallation de réfugiés sur une base volontaire, en particulier pour les groupes vulnérables tels que les femmes et les enfants, ajoute le document.

La Présidence met également en avant l’engagement de l’Union à évacuer les ressortissants afghans qui ont coopéré avec elle au cours des dernières années et prévient qu’elle poursuivra ses efforts pour assurer leur protection. 

Le projet de déclaration promet également que l'UE et ses États membres mettront tout en œuvre pour que la situation en Afghanistan n'entraîne pas de nouvelles menaces pour la sécurité des citoyens de l'UE. Elle estime notamment qu’il est important d'effectuer en temps utile les contrôles de sécurité des personnes évacuées du pays.

Condamnation des attaques à Kaboul

Jeudi 26 août, le président du Conseil européen, Charles Michel, s'est dit très inquiet par les nouvelles d'une explosion à l'extérieur de l'aéroport de Kaboul qui aurait fait plusieurs morts. Une autre explosion a eu lieu, quelques minutes plus tard, près d'un hôtel où sont logés des occidentaux.

« Il est essentiel de sécuriser le passage vers l'aéroport. Nous devons veiller à ce que l'instabilité actuelle ne donne pas lieu à une résurgence du terrorisme », a-t-il expliqué sur Twitter.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, lui, a fermement condamné cette « terrible attaque terroriste », ajoutant que la priorité de l'OTAN restait d'évacuer le plus grand nombre de personnes aussi rapidement que possible. 

Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a qualifié les attaques de « lâches et inhumaines », « il est essentiel de tout faire pour assurer la sécurité des personnes à l'aéroport ». « La communauté internationale doit travailler en étroite collaboration pour éviter une résurgence du terrorisme en Afghanistan et au-delà », a-t-elle ajouté.

Une crise aux multiples facettes

Au même moment, à Bruxelles, les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE étaient réunis pour discuter de la situation en Afghanistan. Ils ont été informés par le chef de cabinet de Charles Michel sur la réunion du G7 du 24 août, sur l'aide humanitaire et les aspects migratoires par la Commission et par le Service européen pour l'action extérieure.

Selon une source européenne, la conclusion de la discussion de plus de trois heures est que la crise afghane touche plusieurs dimensions et il faudra beaucoup d'unité pour que l'UE joue un role important à l'avenir.

Les ambassadeurs auraient rappelé que l'évacuation reste la priorité. Ils ont aussi discuté de migration et de sécurité, notamment des questions de terrorisme, de drogue, de traite des êtres humains ou encore de sécurité aérienne. Ils seraient d'accord sur le fait que les agences européennes devront avoir un rôle à ajouter pour le contrôle des frontières extérieures. 

Plaidoyer pour le « hard power »

Jeudi, le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a également abordé la crise afghane. À ses yeux, le retrait unilatéral des troupes américaines a montré une nouvelle fois la forte dépendance de l’Union à l’égard de la politique étrangère et de sécurité de Washington. Cette situation, a-t-il espéré, pourrait toutefois faire avancer le concept d’autonomie stratégique de l'UE.

M. Breton a plaidé pour une « Europe Puissance » dont l’influence de l’Union ne s’exercerait plus seulement par le « soft power », mais aussi par le « hard power ». Cela signifie le développement d’une doctrine européenne de sécurité et de défense, mais aussi la création d’une « capacité européenne de projection de forces », a-t-il expliqué, faisant écho aux récents propos du Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, en faveur d’une force européenne de première entrée (EUROPE 12714/5). (Camille-Cerise Gessant, Pascal Hansens et Mathieu Bion)

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