La chancelière allemande, Angela Merkel, et les présidents français, Emmanuel Macron, russe, Vladimir Poutine, et turc, Recep Tayyip Erdoğan, ont plaidé, samedi 27 octobre, pour un cessez-le-feu durable à Idlib (Syrie).
Dans la déclaration qu’ils ont publiée à l’issue d’un sommet à Istanbul consacré à la Syrie, les quatre dirigeants saluent la signature du mémorandum sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d'Idlib et soulignent « l'importance d'un cessez-le-feu durable », tout en mettant en avant « la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme par la mise en œuvre intégrale des mesures efficaces prévues dans le mémorandum et le respect de ses dispositions par toutes les parties concernées ». Ce cessez-le-feu est fragile. La veille du sommet, des frappes du régime ont fait au moins 7 morts.
Plus largement, la chancelière et les présidents insistent sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures de confiance pour contribuer à la viabilité du processus politique et à un cessez-le-feu durable. Ils soulignent aussi le « besoin de créer les conditions d'un retour sûr et volontaire » des réfugiés et déplacés syriens.
La déclaration de Mme Merkel, MM. Macron, Poutine et Erdoğan insiste donc sur la nécessité d’un processus politique, car, selon les dirigeants, bien que la Turquie aide l’opposition armée et la Russie le régime de Bachar al-Assad, « il ne saurait y avoir de solution militaire au conflit en cours ». « Le conflit ne peut être réglé que par un processus politique négocié conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies », précise le document.
Soutenant un « processus politique inclusif, dirigé et contrôlé par la Syrie, facilité par l'ONU », les dirigeants appellent à la participation active des parties syriennes à ce processus et rappellent « l'importance d'une coordination accrue entre toutes les initiatives internationales qui visent à contribuer à un règlement crédible et durable du conflit syrien ». La Turquie et la Russie font partie, avec l’Iran, du processus d’Astana.
Mise en place d’un Comité constitutionnel
La chancelière et les présidents appellent à l’établissement et à la convocation rapide, « d’ici la fin de l’année » à Genève, du « Comité constitutionnel qui mènerait à bien la réforme constitutionnelle, ouvrant la voie à des élections libres et équitables sous la supervision des Nations Unies et dans le respect des normes internationales les plus élevées de transparence et de responsabilité, tous les Syriens, y compris les membres de la diaspora, pouvant participer ».
Ils réaffirment également leur détermination à lutter contre le terrorisme en Syrie, notamment l'organisation État islamique (Daech) et le Front Al-Nosra, mais aussi tous les autres groupes terroristes, tels que désignés par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Pourtant, dès le lendemain du sommet, la Turquie a pilonné des positions des Kurdes du YPG (Unités de protection du peuple) qu’elle considère comme une organisation terroriste, contrairement aux Occidentaux. (Camille-Cerise Gessant)