L'Union européenne s'apprête à célébrer le 3 novembre la journée de l'égalité salariale, qui marque le moment où les femmes cessent, symboliquement, d'être rémunérées pour leur travail par rapport à leurs collègues masculins.
La différence de rémunération se monte en moyenne à 16,2 % (contre 16,7 % l'année d'avant), avec d'importantes variations entre les États membres - 25,3 % en Estonie et 5,2 % en Roumanie (EUROPE 11659).
Une situation qu'ont unanimement condamnée le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et les commissaires Marianne Thyssen et Věra Jourová dans une déclaration commune. « Cet écart salarial est non seulement injuste par principe, mais il l'est aussi dans les faits. Il plonge les femmes dans la précarité durant leur carrière et la situation ne fait qu'empirer après leur départ à la retraite, l'écart de niveau de pension étant de 36,6 % ».
En conférence de presse, le 26 octobre, Věra Jourová a invoqué trois causes : le fait que les femmes s'occupent généralement davantage de la famille, qu'elles travaillent dans des secteurs moins lucratifs et qu'elles font parfois l'objet purement et simplement de discrimination. La commissaire a donc évoqué les différentes initiatives sur la table des colégislateurs pour pallier ce problème, faisant toutefois abstraction de la proposition de directive introduisant des quotas de femmes dans les conseils d'administration (EUROPE 11547), bloquée depuis des années au Conseil.
À noter la publication pour l'occasion d'un nouvel Eurobaromètre qui montre que 1/5 des Européens ne sont pas satisfaits par le ratio vie professionnelle/vie privée, une majorité d'entre eux étant des femmes. Lien vers l'Eurobaromètre : https://bit.ly/2yzpjAZ. (Sophie Petitjean)