Comme en Ancienne République yougoslave de Macédoine quelques heures auparavant (EUROPE 12064), le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a officiellement lancé, mardi 17 juillet à Tirana, le processus analytique d’examen de l’acquis, aussi appelé ‘screening’, avec l’Albanie (EUROPE 12062).
« Notre coopération entre dans une nouvelle phase aujourd’hui [le 17] », a expliqué le Premier ministre albanais, Edi Rama, précisant que d’ordinaire, le screening était réalisé après l’ouverture officielle des négociations. Le Conseil se prononcera sur l’ouverture des négociations d’adhésion de l'Albanie en juin 2019 (EUROPE 12049). « Nous avons douze mois : ce n’est pas du temps d’attente, mais plutôt de travail », a prévenu M. Rama, alors que M. Hahn a estimé qu'il s'agissait d'une période relativement courte. « Il y a la nécessité que tous les acteurs apportent leur contribution » au processus, a aussi averti M. Hahn, citant notamment le Parlement et la société civile.
Le Premier ministre albanais a ajouté qu’en parallèle de l’examen, son pays allait continuer son travail de réforme dans les cinq domaines prioritaires d’action (réformes de la justice et de l’administration publique, progrès dans les droits fondamentaux, lutte contre la corruption et le crime organisé). Des progrès demandés par les États membres. « Les efforts doivent bien sûr continuer dans la réforme du système judiciaire, en particulier à travers le vetting [la vérification des juges et procureurs] », a expliqué le commissaire, saluant les bons résultats déjà atteints. M. Hahn a aussi mis en avant la nécessité de résultats tangibles dans la lutte contre la corruption à tous les niveaux et contre le crime organisé, notamment la culture et le trafic de drogue. Et si plusieurs États membres se plaignent du nombre trop élevé de demandes d'asile de la part de ressortissants albanais, le commissaire a salué le travail du gouvernement albanais pour réduire ce nombre.
Par ailleurs, M. Rama a annoncé que les relations entre son pays et la France et les Pays-Bas, qui se sont opposés à l’ouverture des négociations d’adhésion dès cette année, étaient désormais plus étroites et mieux structurées. (Camille-Cerise Gessant)