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Bulletin Quotidien Europe N° 12006
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Le Brexit toujours dans l’impasse sur la question de la frontière irlandaise

Une série de négociations étalées sur un mois se solde par un blocage au sujet de la frontière irlandaise, alors que le Royaume-Uni est accusé de proposer des solutions « imaginaires » aux véritables problèmes du Brexit

Les propositions britanniques visant à prédédouaner les négociants fiables ou à percevoir des droits de douane au nom de l’UE ont à nouveau été rejetées par les responsables présents à Bruxelles ce mercredi 18 avril. 

« Le rejet des propositions britanniques en matière de douanes n’est pas neuf », a rapporté une source de haut niveau de l’UE à EUROPE. 

Aucune nouvelle proposition n’a été mise sur la table par les négociateurs britanniques au cours des cinq réunions qui se sont tenues en mars et en avril, le Royaume-Uni se référant plutôt aux documents soumis en août. « Rien n’a changé » dans la position du pays, a déclaré un haut responsable impliqué dans les négociations. 

« Les propositions n’ont pas vraiment changé depuis l’année dernière, quand il a déjà été souligné qu’elles n’étaient pas réalistes », a ajouté un diplomate interrogé sur les négociations de mercredi. 

Au cours de l’été dernier, le Royaume-Uni a suggéré la mise en place d’un « partenariat douanier » dans le cadre duquel il percevrait des droits de l’UE sur les importations à destination du marché européen, et des droits britanniques sur le reste. Il s’agirait d’un « accord très simplifié en matière de douanes », basé sur la technologie de suivi et le prédédouanement pour les négociants « de confiance » et les petits commerçants. 

À l’époque, les deux options avaient été rejetées par l’UE et qualifiées de « pensée magique » et le Royaume-Uni avait même reconnu qu’il s’agissait d’une approche non éprouvée dont la mise en œuvre pourrait durer des années. 

Selon le Daily Telegraph britannique, les idées du Royaume-Uni ont été « balayées systématiquement et juridiquement » mercredi, durant une réunion à laquelle participaient Olly Robbins, le conseiller du Premier ministre britannique, Madame Theresa May, sur le Brexit, et la négociatrice en chef adjointe de l’UE, Sabine Weyand. 

Les responsables de l’UE estiment qu’aucune des deux options douanières ne permettra d’éviter l’instauration d’une frontière physique, car elles n’abordent que les droits et les formalités douanières sans tenir compte des nombreux contrôles sanitaires et de sécurité requis pour effectuer des échanges commerciaux au sein du marché unique de l’UE. 

C’est pourquoi l’UE encourage le Royaume-Uni à accepter une solution de « sécurité » sur la question de la frontière irlandaise, indépendamment de tout accord éventuel à venir sur les douanes. 

Mais les Britanniques s’opposent toujours aux termes de la proposition relative au « filet de sécurité » qui suggère de garder l’Irlande du Nord dans le « territoire douanier » de l’UE et dans un « espace de régulation unique » pour les biens. 

Le doute subsiste donc quant à la date limite officieuse de juin pour trouver un accord sur le « filet de sécurité ».

« Je ne pense pas que nous atteindrons nos objectifs de juin », a déclaré un diplomate. « L’automne s’annonce tumultueux. » 

Pendant ce temps, le Royaume-Uni a réitéré sa volonté de quitter l’union douanière, malgré le vote de la Chambre des Lords cette semaine en faveur de la modification du projet de loi de retrait britannique pour intégrer cette idée (EUROPE 12005). 

Pour sa part, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a déclaré à la télévision française ce vendredi qu’il y avait toujours « des difficultés et des risques d’échec » à surmonter avant de conclure un accord final sur le Brexit

Les responsables de l’UE souhaitent également séparer les négociations relatives à la frontière irlandaise des négociations sur la future relation, y compris le commerce. 

Un premier tour de négociations sur l’avenir a eu lieu cette semaine. Il n’a toutefois duré qu’une heure et portait davantage sur la forme que sur le contenu. Le Royaume-Uni espère encore parvenir à un accord commercial détaillé avant le jour du Brexit, en mars 2019, mais l’UE a balayé cette idée. 

« Il serait assez fou que David Davis espère parvenir, d’ici octobre, à un document détaillé de 50 pages sur la future relation », a avancé un diplomate de l’UE. 

Le prochain tour de négociations sur le Brexit est prévu la première semaine de mai, bien qu’il ne soit pas encore établi si le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis, et le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, y prendront part. 

Les deux hommes ne se sont pas rencontrés depuis mi-mars. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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