Les dirigeants européens ont estimé, jeudi 22 mars dans des conclusions, qu’il était « hautement probable que la Fédération de Russie soit responsable » de l’empoisonnement d'un ancien espion russe, Sergueï Skripal, et de sa fille à Salisbury (Royaume-Uni), estimant qu’il n’y a « aucune autre explication plausible ».
Après un débat « intense » de 3 heures, selon une source européenne, les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE ont donc été plus loin que leurs ministres des Affaires étrangères et qu'un projet antérieur de conclusions dans lequel la responsabilité unique de la Russie n'était pas mentionnée (EUROPE 11984, 11986).
À son arrivée à Bruxelles, Mme Theresa May, le Premier ministre britannique, avait considéré que « la menace russe ne respecte pas les frontières ». « Cet incident fait partie d’un modèle d’agression russe contre l’Europe et ses proches voisins, des Balkans occidentaux au Proche-Orient », a-t-elle souligné.
Dans ses conclusions, le Conseil européen exprime sa « solidarité inconditionnelle » avec le Royaume-Uni et son soutien à l’enquête en cours. « L’utilisation des armes chimiques, y compris de produits chimiques toxiques, quelles que soient les circonstances, est complément inacceptable, doit être systématiquement et rigoureusement condamnée et constitue une menace pour tous », ont-ils expliqué.
Selon le texte agréé par les Vingt-huit, « les États membres se coordonneront concernant les conséquences à tirer à la lumière des réponses fournies par les autorités russes ». « Nous réfléchissons tous à mettre en place des mesures identiques à celles prises par le Royaume-Uni, telles que l’expulsion de diplomates russes », a précisé à son arrivée la présidente lituanienne Dalia Grybauskaitė, annonçant que son pays prendrait une décision « très bientôt » à ce sujet.
Selon une source européenne, les dirigeants ont décidé de rappeler l'ambassadeur de l'UE à Moscou, Markus Ederer, pour consultations.
De son côté, le Premier ministre belge, Charles Michel, a regretté l'absence de « canal de discussion permanent et de haut niveau avec la Russie pour tenter de gérer les différends ». « On parle beaucoup de la Russie, mais pas avec la Russie », a-t-il estimé. (Camille-Cerise Gessant)