Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a défendu, lundi 18 décembre à Bruxelles, lors de la Conférence annuelle de la Commission européenne sur les perspectives agricoles de l’UE, les propositions de sa communication sur l’avenir de la Politique agricole commune (PAC), qui inquiètent à la fois les États membres et une partie des professionnels (EUROPE 11923). Il n’avait pas pu échanger le 11 décembre avec les ministres des Vingt-huit sur cette question, car il était alors à Buenos Aires pour la réunion ministérielle de l’OMC (EUROPE 11926).
La principale mesure de cette communication, qui préfigure les propositions législatives attendues pour juin 2018, vise à accorder plus de responsabilités aux États membres par le biais d'un « nouveau modèle de mise en œuvre » ('new delivery model') qui leur laisserait établir des plans stratégiques validés par la Commission. « Les gens s'inquiètent surtout du fait que nous nous orientons vers ce qu'ils considèrent comme une renationalisation de la PAC », mais la Commission n’a pas, comme certains le craignent, l’intention de se débarrasser de ses responsabilités, a assuré Phil Hogan. Et d’ajouter : « Nous ne voulons pas non plus démanteler le marché intérieur, qui est l'une des principales réalisations de la PAC et dont les agriculteurs profitent chaque jour ».
Le commissaire a donc rappelé que sa proposition visait une plus grande subsidiarité pour les États membres, mais que la Commission aurait un rôle à jouer pour assurer la cohérence des choix opérés par les États membres sur les priorités et les objectifs de l'UE. Chacun des objectifs spécifiques sera accompagné d'une série de résultats et d'indicateurs de résultats qui permettront aux États membres de définir leurs objectifs. « Les plans stratégiques de la PAC et leur approbation par la Commission préserveront le bon fonctionnement du marché intérieur agricole », a promis Phil Hogan. « Je comprends et j'ai clairement entendu les préoccupations selon lesquelles cette approche allégée pourrait amener les États membres à imposer des obligations inutiles aux bénéficiaires. Mais nous serons très attentifs à éviter toute 'surréglementation' », a-t-il conclu sur ce point.
Le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, devait également intervenir dans la soirée sur les aspects budgétaires de la future PAC. Et la deuxième journée de l’événement, le 19 décembre, devrait être consacrée aux analyses économiques et perspectives à court et moyen termes pour le secteur agricole.
Le site dédié de la Conférence : http://bit.ly/2zW5u5A .