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Bulletin Quotidien Europe N° 11912
ACTION EXTÉRIEURE / Partenariat oriental

L’UE et les pays du Partenariat oriental plaident pour un renforcement de leur coopération

Les chefs d’États ou de gouvernement de l’UE et des pays partenaires (Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie, Ukraine) ont affirmé une nouvelle fois leur volonté de renforcer leur coopération, vendredi 24 novembre lors du 5ème sommet du Partenariat oriental.

« Les participants sont impatients d'accroître encore le dynamisme et l'efficacité de notre coopération élargie et approfondie dans le cadre du Partenariat oriental, en mettant l'accent sur des avantages concrets pour les citoyens », souligne la déclaration finale commune que les pays participants ont adoptée. Les dirigeants estiment aussi « qu'une coopération renforcée et un dialogue politique global et tourné vers l'avenir sont essentiels pour relever les défis communs et atteindre les objectifs communs ».

Si la déclaration met en avant une approche différenciée entre les pays partenaires, une nouvelle fois, la perspective d’adhésion des États partenaires qui le souhaiteraient - Ukraine, Géorgie et Moldavie - est passée sous silence (EUROPE 11910). « Les participants au sommet reconnaissent les aspirations européennes et le choix européen des partenaires concernés, comme indiqué dans les accords d’association », explique la déclaration, qui reprend mot pour mot le vocabulaire utilisé dans la déclaration du dernier sommet du Partenariat oriental, à Riga, en 2015 (EUROPE 11320). La déclaration réaffirme aussi « le droit souverain de chaque partenaire de choisir le niveau d’ambition et les objectifs auxquels il aspire dans ses relations avec l’UE ». « Les pays du continent européen doivent avoir une perspective (d’adhésion), mais ce n’est pas le bon moment maintenant », a résumé le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel.

Pas un partenariat de confrontation

La déclaration rappelle aussi que le partenariat a pour objectif de construire une zone de démocratie, prospérité et stabilité partagées et de coopération accrue et qu’il n’est « dirigé contre personne », sous-entendu la Russie. « Le Partenariat n’est pas contre la Russie. Ce n’est pas un concours de beauté géopolitique entre l’UE et la Russie », a explicité le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors de la conférence de presse. Selon une source européenne, la Russie aurait été mentionnée par plusieurs intervenants lors des discussions, que ce soit dans le contexte d’agression ou de propagande. « Nous sommes entre deux feux : la Russie et l’UE. Il faudrait sortir de cette rhétorique de confrontation », a expliqué le ministre des Affaires étrangères biélorusse, Vladimir Makei.

Les dirigeants saluent aussi l’adoption du cadre de coopération « 20 résultats concrets à obtenir d’ici 2020 », résultats qui portent sur quatre domaines prioritaires d’action : une économie plus forte, la gouvernance, la connectivité et la société. « Nous voulons renforcer la coopération du Partenariat oriental dans un nombre de domaines spécifiques tels que les petites et moyennes entreprises, l’économie numérique, les investissements dans le haut débit et les investissements dans les projets d’infrastructure, de transport et d’énergie », a précisé M. Tusk.

Harmoniser les marchés du numérique

Les partenaires sont ainsi convenus de coopérer dans le domaine de l’harmonisation des marchés du numérique, « afin d’étendre les bénéfices du marché unique du numérique aux pays partenaires ». Cette harmonisation sera « encouragée » dans le cadre de l’initiative EU4 Digital, indique l’annexe de la déclaration, précisant que la coopération se concentrerait, entre autres, sur l’indépendance des régulateurs nationaux des télécommunications, l’harmonisation des frais d'itinérance, la cybersécurité et l’innovation numérique.

Dans leur déclaration, les dirigeants rappellent aussi les grands principes de coopération, notamment concernant l’engagement des participants à « renforcer la démocratie, l’État de droit, les droits de l’homme et les libertés fondamentales et sur les principes et les normes de la législation internationale » et la poursuite des réformes. Devant la presse, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rappelé que, « si les réformes étaient amenées à bon port, cela renforcerait la confiance des investisseurs dans toute la région ». Le soutien au commerce entre l’UE et les partenaires et entre les pays partenaires, le développement de la connectivité (voir autre article) ou encore le renforcement du contact entre les peuples, notamment des jeunes, ont aussi été soulignés.

Renforcer la communication stratégique

Dans leur déclaration, les dirigeants conviennent aussi de renforcer la communication stratégique. Ils « sont convenus de la nécessité de renforcer davantage les efforts de communication stratégique et de travailler sur la promotion de la visibilité de la coopération entre l’UE et les pays du Partenariat oriental ainsi que sur la sensibilisation du public et la révélation de la désinformation ». Les dirigeants rappellent aussi « l'importance de renforcer la sensibilisation du public aux programmes de l'UE » qui contribuent au renforcement de la coopération dans le cadre du Partenariat oriental.

Les participants insistent sur la communication, dans l’annexe adjointe à la déclaration, qui porte sur les « 20 résultats concrets à obtenir d’ici 2020 ». Ils précisent ainsi qu’ « une communication stratégique renforcée, plus claire et sur mesure, notamment à travers les activités de stratcom EAST, conduira à une meilleure compréhension de l'UE parmi les citoyens du voisinage oriental (…) et des pays partenaires et du Partenariat oriental parmi les citoyens européens ». « Le soutien à la pluralité des médias et leur indépendance dans les pays partenaires continueront à améliorer la responsabilité et la résilience face à la désinformation », ajoute la déclaration.

La 'East stratcom task force' est opérationnelle depuis septembre 2015, au sein du Service européen pour l’action extérieure. Composée de quatorze membres, elle a pour mission de communiquer sur les politiques de l’UE à l'égard du voisinage oriental, de renforcer l'environnement médiatique global dans le voisinage oriental et dans les États membres de l'UE, y compris le soutien à la liberté des médias et le renforcement des médias indépendants et d’améliorer la capacité de l'UE à prévoir, traiter et répondre aux activités de désinformation menées par des acteurs extérieurs.

Promouvoir la résolution des conflits

Et alors que la région du Partenariat oriental est parsemée de conflits, les participants « restent pleinement préoccupés en ce qui concerne les violations continues des principes de la loi internationale dans de nombreuses parties de la région », souligne la déclaration. Les dirigeants appellent donc à des « efforts renouvelés pour promouvoir une résolution pacifique des conflits, sur la base des principes et des normes de la loi internationale ». De son côté, l’UE rappelle son engagement à soutenir l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté de tous ces partenaires. L’Arménie et l’Azerbaïdjan se disputent le Haut-Karabagh, l’Ukraine fait face à l’annexion de la Crimée et au conflit dans l’est du pays, la Moldavie est en conflit avec sa région séparatiste de Transnistrie et la Géorgie avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Si les différents conflits ne sont pas cités dans la déclaration, lors de la conférence de presse, M. Tusk s'est montré plus direct. Il a rappelé que l’UE ne reconnaîtrait « jamais » l’annexion illégale de la Crimée. Avant d'ajouter que la mort de cinq militaires, la veille, dans l'est de l'Ukraine, « était la dernière preuve des conséquences tragiques de l’agression russe en Ukraine ». (Camille-Cerise Gessant avec Lucas Tripoteau)

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