L'association de l'industrie européenne du biodiesel (EBB) a annoncé, mercredi 27 septembre, l'introduction imminente auprès de la Commission, d'une plainte antisubventions contre les importations de biodiesel en provenance d'Argentine, exigeant la mise en œuvre rapide de droits compensateurs.
L'industrie européenne du biodiesel est très inquiète de l'impact du nouveau règlement d'exécution de la Commission, publié le 18 septembre, qui réduit drastiquement les taxes antidumping imposées depuis 2013 aux importations dans l'UE de biodiesel argentin, d'une fourchette située entre 22% à 25,7% à une fourchette comprise entre 4,5% et 8,1%.
Début septembre, les pays de l'UE ne s'étaient pas opposés à la proposition de la Commission de réduire ces droits afin que l'UE se mette en conformité avec le verdict rendu par l'OMC au printemps 2014, et confirmé par son organe d'appel en octobre 2016, dans la plainte de l'Argentine contre les droits antidumping de l'UE visant ses exportations de biodiesel (EUROPE 11836, 11857).
« Les subventions dont bénéficient les exportateurs argentins leur permettent de vendre du biodiesel à un prix inférieur au seul coût des matières premières dans l'UE. Cette situation entraîne de graves dommages à l'industrie communautaire du biodiesel et aux activités économiques connexes, qui devraient s'aggraver au cours des prochaines semaines et des prochains mois », explique l'EBB.
L'industrie du biodiesel fait valoir que les États-Unis ont, de leur côté, déjà ouvert, en août, une enquête antisubventions contre le biodiesel argentin, lui imposant des droits provisoires.
« C'est une défense légitime pour protéger le marché européen du biodiesel et ses 120 000 emplois, d'une industrie fortement subventionnée orientée vers l'exportation », insiste l'EBB. (Emmanuel Hagry)