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Bulletin Quotidien Europe N° 11871
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Le 'oui mais' des partis allemands au projet européen d’Emmanuel Macron

Les partis allemands ont salué avec un enthousiasme teinté de nuances, mercredi 27 septembre, le discours sur l’Europe du président français Emmanuel Macron prononcé la veille à Paris (EUROPE 11870).

Il sera notamment complexe de trouver un terrain d’entente entre les partis en lice pour former une coalition avec la chancelière Angela Merkel sur la zone euro, l’harmonisation sociale ou la défense. Une coalition sur laquelle Emmanuel Macron voulait justement peser en programmant son discours juste après les élections fédérales.

Message reçu du côté d’Angela Merkel. La France redevient « enfin un acteur politique sur la scène européenne » a ainsi applaudi Michael Stübgen, porte-parole pour l’Europe de la CDU au Bundestag. Dans la même veine, le président CDU du groupe franco-allemand au parlement allemand, Andreas Jung, a approuvé la vision du président Macron « pour une Europe plus forte et qui va de l’avant ».

Le parti de la Chancelière paraît donc prêt à travailler à ce projet. Le SPD aussi, mais il a annoncé pour l’heure son intention d’aller faire une cure d’opposition au Bundestag. En revanche, les deux coéquipiers potentiels d’Angela Merkel, les Verts et les libéraux du FDP, rament dans des directions opposées.

Convergence pour un Fonds monétaire européen

Anton Hofreiter, co-président du groupe des Verts au Bundestag et membre de l’équipe de négociation sur la future coalition, a déjà appelé à soutenir Emmanuel Macron pour une « Europe solidaire ».

Le président du FDP, Christian Lindner a, en revanche, confirmé qu’il refuse de créer un budget spécifique à la zone euro, comme le souhaiterait Emmanuel Macron, et encore moins que ce budget permette des transferts « automatiques ». Ce budget, qui représenterait « plus de 60 milliards d'euros pour l'Allemagne et où l'argent atterrirait en France pour les dépenses publiques ou en Italie pour réparer les erreurs de (Silvio) Berlusconi, serait impensable pour nous », a tranché Christian Lindner au soir des élections.

Le nein FDP est toutefois nuancé. Selon, Daniela Schwarzer, du Conseil allemand pour les relations extérieurs (DGAP), il devrait être possible de trouver un accord entre la CDU, le FDP et les Verts « sur un mécanisme de soutien aux réformes mises en œuvre par les États membres », comme le préconisent la CDU et le FDP. Un tel fonds monétaire européen serait conditionné à la mise en œuvre de ces réformes. 

Tout compromis s’approcherait toutefois davantage d’un mécanisme de stabilité renforcé, défendu par la CDU, que du projet de budget commun souhaité par Emmanuel Macron donc.

Paradoxalement, l’actuel ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, aurait peut-être pu amorcer un virage, fort de son image de Père la rigueur en Allemagne, note Daniel Schwarzer, « mais ce sera beaucoup plus dur avec Christian Lindner » dont le nom est pressenti pour être le ministre des finances dans une coalition CDU/FDP/Verts.

Europe sociale, défense : oui Verts, non libéral (et inversement)

L’Europe sociale souhaitée par le président français et soutenue par les Verts, est également très loin du programme du FDP. Pour Christian Lindner, l’Europe doit être un marché intérieur, un espace d’investissement et d’innovation, mais pas une base pour harmoniser les salaires.

L’équilibre s’inverse lorsqu’il est question de défense. Les Verts allemands s’opposent par principe à l’augmentation des dépenses d’armement. Le FDP, comme la CDU, sont au contraire des fervents de la politique de défense européenne, avec un budget et une politique de l’armement communs, prônée par le président français.

Appel des économistes franco-allemand

Dans cette constellation politique, les positions françaises et allemandes restent donc encore très éloignées, malgré les réactions enthousiastes au retour de la France sur la scène européenne.

Dans une tribune publiée simultanément par les quotidiens français Le Monde et allemand die Zeit en Allemagne, quinze économistes appellent la France et l’Allemagne à rapprocher leur position pour défendre une « réforme en profondeur de l’union monétaire ». Faute de quoi, redoutent-ils, « la montagne accouchera d’une souris ». (Nathalie Steiwer)

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