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Bulletin Quotidien Europe N° 11871
CONSEIL EUROPÉEN / NumÉrique

Un sommet européen informel à Tallinn avec Theresa May... mais sans Mariano Rajoy

Vingt-sept Chefs d’État ou de gouvernement européens seront réunis à Tallinn, jeudi 28 et vendredi 29 septembre, pour discuter tour à tour de l’avenir de l’Europe et de l’innovation numérique. Theresa May, Premier ministre britannique, sera bel et bien présente, mais pas le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, retenu en Espagne par le référendum catalan du 1er octobre.

Sommet numérique de Tallinn

Pionnière de l'e-administration et des services en ligne, l’Estonie souhaite profiter de son semestre de présidence du Conseil de l'UE pour encourager l’innovation numérique en Europe. Lors du Sommet numérique de Tallinn, le 29 septembre, elle entend lancer des débats sur l’innovation numérique à l’horizon 2025, pour que « l’Europe reste à la pointe du progrès technologique tout en devenant un chef de file au niveau mondial dans le domaine du numérique ».

Au total, la journée s’articulera autour de deux sessions de travail : la première, avant le déjeuner, sera consacrée au futur de la gouvernance. Après avoir écouté le professeur de cybersécurité Jarno Limnell (Université finlandaise Aalto), les leaders européens discuteront du rôle de l’UE et des gouvernements pour générer confiance et sécurité dans un environnement numérisé.

Pour rappel, rien qu’en 2016, l’UE a enregistré plus de 4000 attaques par rançongiciel par jour et 80% des entreprises européennes ont connu au moins un incident lié à la cybersécurité. Cette session s’inscrira dans la lignée de la stratégie pour la cybersécurité, présentée le 19 septembre par la Commission européenne (EUROPE 11865), même si aucune proposition législative en cours d’examen ne sera spécifiquement abordée, a précisé une source de la Présidence.

La session de travail de l’après-midi sera consacrée au futur de l’économie et de la société numériques. À cette occasion, les chefs d’État ou de gouvernement discuteront des besoins en matière d’infrastructures et de compétences pour créer une Europe numérique résistante et compétitive. Des membres de la Commission et le directeur de l’institut McKinsey Global, M. James Manyika, ouvriront cette session.

Ces échanges de vues devraient donner lieu à des conclusions qui seront présentées lors du Conseil européen d’octobre. Interrogée sur les résultats attendus, une source de la Présidence estonienne a répondu : « Le fait qu’une telle réunion soit organisée est en soi déjà un succès. Le numérique mérite autant d’attention que le futur de l’eurozone, selon moi ».

Dîner informel sur l'avenir de l'Europe

La veille, les chefs d’État ou de gouvernement se réuniront pour un dîner informel en vue de faire le point sur la concrétisation de la feuille de route de Bratislava, adoptée en septembre 2016, au lendemain du référendum britannique remporté par les partisans du Brexit (EUROPE 11626). 

 Dans sa lettre d’invitation au dîner de jeudi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, liste une série de thématiques nécessitant un positionnement européen, parmi lesquelles la migration, la défense, l'économie, le commerce (EUROPE 11868). Il évoque la question du budget et de la gouvernance de l'Union économique et monétaire et affirme que des discussions formelles - notamment sur l'idée d'un Fonds monétaire européen pour remplacer le mécanisme de stabilité - se tiendront en décembre et qu'une décision devra être prise « avant juin 2018 ».

« Nous ne pouvons pas traiter, et encore moins décider, de toutes ces questions à Tallinn. Mais je pense que cette réunion sera une bonne occasion de discuter de la façon dont nous abordons ce débat, en particulier compte tenu des nombreuses voix intéressantes que nous avons récemment entendues sur le fond, la méthode et les objectifs », indique le président Tusk, ajoutant qu'aucun document ne circulera avant la réunion, afin de laisser libre cours aux discussions.

Dans ce contexte, il n'est pas exclu que d'autres sujets s'invitent à l'agenda. Le résultat des élections allemandes et le bouillonnant discours d’Emmanuel Macron, mardi à l'Université de la Sorbonne (EUROPE 11870), contribueront à donner le ton aux discussions. (Sophie Petitjean) 

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