Le refus, par la Pologne, que son ressortissant, Donald Tusk, soit reconduit à sa charge de Président du Conseil européen, a éclipsé une autre contestation, polonaise, elle aussi, lors de la réunion des dirigeants des Vingt-huit, jeudi 9 mars au soir à Bruxelles : celle de l’accord politique du Conseil de l’UE sur un dossier climatique clé.
Devant les chefs d’État ou de gouvernement, le Premier ministre polonais, Mme Beata Szydlo, a contesté l’accord politique de principe (l’orientation générale) trouvé le 28 février, à la majorité qualifiée, au Conseil 'Environnement' sur la réforme du système d’échange de quotas d’émission (ETS) pour la période 2021-2030 (EUROPE 11741).
Au moment où il était acquis que son pays refuserait de souscrire aux conclusions du Conseil européen, Mme Sydlo a indiqué que, selon son pays, ce sont les règles de Nice – et non celles du Traité de Lisbonne - qui s’appliquaient ; en conséquence de quoi, les neuf pays qui s’étaient opposés au compromis sur la réforme du marché européen du carbone devaient constituer une minorité de blocage.
La chose était entendue, car la délégation polonaise n’avait pas fait mystère des doutes qu’elle nourrissait quant à l’existence d’une majorité qualifiée, lorsque 9 délégations (Pologne, Italie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Croatie et Chypre) s'étaient opposées au compromis trouvé à l’arraché (EUROPE 11735).
Derrière ces deux positions singulières se trouve une constante : la conviction de cet État membre que toutes les décisions importantes doivent se prendre par consensus - donc à l’unanimité - au plus haut niveau, ce qui n’a pu être le cas pour la reconduction de Donald Tusk, ni pour la réforme de l’ETS – un dossier législatif de codécision, dont la Pologne espérait qu’il pourrait faire l’objet d’orientations du Conseil européen avant un accord de principe du Conseil de l'UE. (Aminata Niang avec Jan Kordys)