Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a souligné, dans la nuit du 20 au 21 octobre, que l’objectif de l’UE n’était pas d’augmenter les tensions avec la Fédération de Russie, alors que le Conseil européen a finalement préféré ne pas évoquer ouvertement l'éventualité de sanctions supplémentaires (EUROPE 11651).
« Il est clair que la stratégie de la Russie est d'affaiblir l'Union européenne. Nous avons une évaluation sobre de cette réalité, et pas d'illusion. L'augmentation des tensions avec la Russie n’est pas notre objectif. Nous réagissons simplement aux mesures prises » par Moscou, a-t-il déclaré en conférence de presse à l’issue du dîner du Conseil européen où les relations stratégiques avec la Russie ont été abordées. « Voilà pourquoi les dirigeants ont convenu de maintenir le cap et, surtout, de conserver l'unité de l'UE », a-t-il dit. Si « l’UE est toujours prête à engager le dialogue », « nous ne pourrons jamais compromettre nos valeurs ou principes », a-t-il ajouté.
La question des valeurs européennes dans ce contexte a également été soulevée par le chancelier autrichien, Christian Kern. S'il a rappelé que son pays avait de nombreux liens économiques avec la Russie, il a estimé qu'il s'agissait « avant tout d'une question de valeurs ». « Nous devons donc avoir une position claire et unie au niveau européen », a-t-il souligné.
De son côté, le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a expliqué qu'il fallait maintenir ouverte les voix d'un dialogue franc, sans pour autant renier certains principes comme le caractère inacceptables de l'invasion de l'Ukraine. Pour lui, le meilleur allié stratégique de l'UE se trouve à Washington.
Selon M. Tusk, lors du débat, les dirigeants ont évoqué toutes sortes d’activités menées par la Russie, comme les violations de l'espace aérien, les campagnes de désinformation, les cyberattaques, l'ingérence dans les processus politiques dans l'UE, les menaces hybrides, la question énergétique avec North Stream et South Stream, le rôle de la Russie dans les crises en Ukraine et en Syrie ou encore l'évolution de l'enquête sur le crash du vol MH17, en juillet 2015, dans l’est de l’Ukraine. D’ailleurs, devant la presse, M. Tusk a appelé « tous les États en mesure d'aider l'enquête et à la poursuite des responsables » de le faire. (Camille-Cerise Gessant avec Jan Kordys, Thomas Régnier)