Les opérateurs boursiers Deutsche Börse et London Stock Exchange ont notifié à la Commission européenne leur projet de fusion, jeudi 25 août.
L’institution européenne a donc théoriquement jusqu’au 28 septembre pour approuver ou recaler un projet qui crée des remous dans plusieurs capitales européennes. Le calendrier est bien sûr sujet à de potentiels ajustements, notamment si des engagements sont proposés dans l'intervalle par les parties.
La Commission a déjà du grain à moudre en ce qui concerne ce projet de fusion. La dernière critique en date de ce projet, évalué à près de 27 milliards d’euros, provient d’un des membres du directoire de la Bundesbank, Andreas Dombret. Celui-ci a estimé auprès de l’agence Reuters, mercredi 24 août, que l’opération pourrait créer des risques systémiques dans le domaine de la compensation de produits dérivés.
La Commission devra toutefois apprécier la transaction à la lumière de son impact potentiel sur la concurrence. Début août, c’est l’Association des investisseurs particuliers européens qui a tiré la sonnette d’alarme. « La fusion entrainera une diminution sensible de la concurrence et une réduction de la liberté de choix », a écrit Paul Koster, président de l’association, à la commissaire compétente, Margrethe Vestager.
En juin, le ministre portugais des Finances, Mario Centeno, a également pris la plume pour avertir la commissaire qu’une « telle concentration » constituerait une « menace claire » pour la concurrence et mettrait en péril « la viabilité d’autres opérateurs boursiers européens ». Selon Reuters, qui révélait la correspondance, le ministère portugais affirmait que la Belgique et la France avaient exprimé des opinions similaires.
Selon le Financial Times, les Pays-Bas ont eux aussi, pendant l’été, demandé à la commissaire de prendre en compte le fait que « la fusion pourrait avoir un impact sur la compétitivité des places boursières », et des « PME ».
En 2012, la Commission avait interdit la fusion annoncée entre Deutsche Börse et NYSE Euronext, en raison du quasi-monopole que cette fusion aurait entraîné au niveau mondial pour ce qui est du traitement des transactions en bourse sur les produits financiers dérivés européens, ce malgré les engagements proposés par les parties (EUROPE 11544). (Elodie Lamer)