Bruxelles, 13/06/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a noté, dans un rapport publié vendredi 10 juin, des progrès importants réalisés ces dernières années en matière de réduction de la taille de la flotte de pêche dans l'UE.
« Dans l'ensemble, des progrès importants ont été réalisés ces dernières années dans les efforts visant à instaurer un équilibre entre la capacité de pêche et les possibilités de pêche dans l'ensemble de l'Union », peut-on lire dans le rapport sur les efforts consentis dans ce domaine par les États membres en 2014. La réduction de la capacité de la flotte au cours des dernières années a contribué à améliorer la situation des stocks halieutiques surexploités, de sorte que les pêcheries se rapprochent des objectifs de rendement maximal durable, ajoute la Commission. En outre, une meilleure mise en œuvre des lignes directrices a permis d'améliorer l'analyse des déséquilibres au sein des différentes flottes. Les rapports des États membres révèlent toutefois que, pour certains segments de la flotte, des efforts supplémentaires sont nécessaires en vue de réduire les déséquilibres recensés, en particulier en mer Méditerranée.
Navires inactifs. L'examen général de la flotte de l'Union révèle un faible taux d'utilisation des navires. Les taux d'inactivité les plus élevés sont observés au niveau des flottes de navires de petite taille, c'est-à-dire les navires mesurant moins de 12 mètres (m); les navires inactifs se composaient à 93 % de navires de moins de 12 m, à 6% de navires d'une longueur située entre 12 et 24 m et à moins de 2 % de navires de plus de 24 m.
Par ailleurs, la Commission relève qu'en 2014, une augmentation globale a été observée au niveau du nombre de segments de la flotte pour lesquels les États membres ont décelé une surcapacité structurelle. En conséquence, les États membres ont présenté 17 plans d'action contenant les objectifs et les mesures d'adaptation visant à instaurer un équilibre entre la capacité de pêche et les possibilités de pêche ainsi qu'un calendrier précis pour leur mise en œuvre. Les États membres ont opté pour des mesures variées en vue de réduire la capacité, notamment l'introduction de concessions de pêche transférables ou des mesures d'arrêt définitif (déchirage des navires).
935 millions pour le déchirage de navires. Le rapport montre qu'entre 2007 et le 31 mai 2015, 4 267 navires ont été sortis de la flotte grâce à des aides publiques d'un montant total de près de 935 millions d'euros (dont 333 millions d'euros concernent l'Espagne, 160 millions d'euros la France ou encore 150 millions l'Italie), dont 546 millions au titre du Fonds européen pour la pêche (FEP). Les navires désarmés avec le soutien du FEP ne peuvent pas être remplacés. En outre, 2 077 autres navires ont été sortis de la flotte sans aide publique.
Entre janvier 2014 et novembre 2015, poursuivant la tendance de ces dix dernières années, la capacité de pêche des 28 États membres de l'Union a diminué de 0,8% en kilowatts (kW) et de 1,3 % en tonnage brut (GT). En novembre 2015, le fichier de la flotte de l'Union comptait 85 065 navires. Ces chiffres indiquent une réduction de 0,6 % du nombre de navires en 2015 (hors régions ultrapériphériques). La capacité de pêche de la flotte de l'Union était inférieure de 18,42 % aux plafonds de capacité en matière de tonnage et de 11,60 % aux plafonds de puissance. (Lionel Changeur)