Bruxelles, 13/06/2016 (Agence Europe) - Le choix de la Commission européenne de se servir de la définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour identifier les perturbateurs endocriniens ne devrait pas être du goût de tous, en témoignent les résultats de la consultation publique menée du 26 septembre 2014 au 16 janvier 2015 (voir autre nouvelle).
La Commission semble avoir opté pour le plus petit dénominateur commun. Les organisations de santé souhaitaient, en effet, des critères basés sur la définition de l'OMS/PISC et sur différentes catégories (scénario 3). Et ce, afin de ne pas laisser de côté les perturbateurs endocriniens potentiels. Dans une prise de position passée, l'organisation EDC Free Europe, hostile à ces substances chimiques, estimait que la seule prise en compte de la définition de l'OMS/PISC constituait une « approche manichéenne ». Une telle approche « entrave l'examen complet et efficace de l'état de la science », indiquait le collectif, selon lequel « cette définition tronquée exclurait également toutes les substances chimiques qui nécessitent une étude plus approfondie pour déterminer si elles sont ou non des perturbateurs endocriniens ».
À l'autre bout de la chaîne se situaient les agriculteurs et l'industrie, selon lesquels la définition de l'OMS constitue une approche intéressante à condition d'y ajouter d'autres éléments de caractérisation du danger (scénario 4). L'Association européenne pour la protection des cultures (ECPA) et le Conseil européen de l'industrie chimique (CEFIC-ECPI) réclamaient, par exemple, la prise en compte de la sévérité, de l'(ir)réversibilité, la puissance et la toxicité du plomb.
Le rapport sur la consultation publique publié par la Commission montre toutefois que le scénario 2 retenu, c'est-à-dire la définition de l'OMS/PISC, suscite davantage de critiques que d'éloges. Il affirme que cette option bénéficie du soutien de plusieurs organisations de pays tiers et internationales, comme l'US Environmental Protection Agency, le Canadian Centre for Occupational Health and Safety (CCHOS) et de l'International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC). Mais le rapport recense une série de critiques, par exemple une lecture restrictive du principe de précaution. « L'option 2 serait en contradiction avec le principe de précaution en prévoyant d'agir seulement après que le risque a été totalement évalué. En réalité, la preuve nécessaire pour agir ainsi pourrait ne jamais être disponible en raison de problèmes insurmontables pour la mise sur pied d'évaluations appropriées, ou tout simplement parce que la recherche nécessaire n'est jamais entreprise », indique un argument contre cette approche, recensée dans le rapport sur la consultation. Les autres critiques concernent les méthodes de test, le danger et le risque, ou encore le lien de causalité. Plus d'informations sur le rapport:
http://ec.europa.eu/health/endocrine_disruptors/docs/2015_public_consultation_report_en.pdf (Sophie Petitjean)