Luxembourg, 13/06/2016 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a averti les électeurs britanniques, lundi 13 juin, dans une interview donnée au quotidien allemand Bild, que la renégociation de la relation entre l'UE et le Royaume-Uni pourrait durer jusqu'à 7 ans dans le cas où les Britanniques se prononceraient, le 23 juin prochain, pour un retrait.
Selon l'article 50 du Traité de l'UE, un pays de l'UE qui souhaite se retirer doit informer le Conseil européen de son intention. Le Conseil doit ensuite proposer des orientations vers la conclusion d'un accord sur les modalités du retrait dudit pays. Cet accord est conclu au nom de l'UE par le Conseil, votant à la majorité qualifiée, après avoir obtenu la validation du Parlement européen.
Les traités de l'UE cessent de s'appliquer au pays concerné dès la date d'entrée en vigueur de l'accord ou bien, à défaut, dans les deux ans à dater de la notification de retrait. Le Conseil peut aussi décider de prolonger cette période. Se penchant sur la négociation britannique, le président Tusk a averti que les négociations pourraient durer 5 ans de plus que ces deux ans théoriques et, « je le crains, sans garantie de succès », a-t-il affirmé.
La négociation d'un accord de retrait couvre des aspects tels que les tarifs douaniers sur les biens britanniques ou bien la liberté de circulation. La dissolution seule des différents contrats liant le Royaume-Uni à l'Europe serait « triste, mais simple en comparaison ». Mais ensuite, « chacun des 27 États membres restants ainsi que le Parlement européen devront approuver le résultat final (des nouvelles relations entre le Royaume-Uni et l'UE). Cela prendra au moins cinq ans et je le crains, sans garantie de succès à chaque fois», a dit Donald Tusk.
Vendredi 10 juin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a, lui, estimé que le Royaume-Uni n'aurait plus un accès immédiat au marché intérieur européen en cas de retrait. « Dedans c'est dedans, dehors c'est dehors », a prévenu le ministre allemand des Finances dans un entretien au magazine Der Spiegel. Il répondait à la question portant sur la possibilité pour Londres de bénéficier d'un statut semblable à celui de la Norvège ou de la Suisse, qui ont accès à la zone européenne de libre circulation des personnes et des biens. « Non », pour cela « il faudrait qu'elle se conforme aux règles du club qu'elle veut désormais quitter ». (Solenn Paulic)