Bruxelles, 04/04/2016 (Agence Europe) - Les dirigeants de 52 de pays - emmenés par les États-Unis, la Chine, la France et le Royaume-Uni - plus l'UE sont convenus, lors du 4ème sommet sur la sécurité nucléaire, vendredi 1er avril à Washington - où la Russie, l'Iran et la Corée du Nord étaient les grands absents - de renforcer la coopération internationale devant la menace du terrorisme nucléaire et radiologique.
« La menace du terrorisme nucléaire et radiologique reste l'un des plus grands défis pour la sécurité internationale, et la menace est en constante évolution », souligne d'emblée la déclaration finale conjointe du sommet de Washington, qui s'inscrivait dans le contexte d'une incessante vague d'attentats terroristes à travers la planète perpétrés par des groupes djihadistes tels que le groupe État islamique/Daech, et dans le sillage d'informations sur une hypothétique attaque à la 'bombe sale' radioactive (EUROPE 11522).
Vendredi, les pays participants ont réaffirmé leur « engagement » envers leurs « objectifs communs » de désarmement nucléaire, de non-prolifération nucléaire et d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, rappelant toutefois que les mesures visant à renforcer la sécurité nucléaire ne devaient pas entraver les droits des États à développer et utiliser le nucléaire à des fins pacifiques, mais réaffirmant dans le même temps la « responsabilité fondamentale » des États de maintenir « en tout temps » la « sécurité effective » de toutes les matières nucléaires et radioactives - dont celles utilisées dans les armes nucléaires - et des installations nucléaires sous leur contrôle.
Si les sommets sur la sécurité nucléaire ont permis, depuis leur première édition en 2010, une prise de conscience de la menace du terrorisme nucléaire et radiologique et entraîné « beaucoup d'améliorations tangibles, significatives et durables » en matière de sécurité nucléaire, « davantage de travail reste à faire pour empêcher les acteurs non étatiques de se procurer des matières nucléaires et radioactives, qui pourraient être utilisées à des fins malveillantes », souligne la déclaration. À cette fin, la cinquantaine de pays représentés à Washington s'est engagée à « favoriser un environnement international pacifique et stable en réduisant la menace du terrorisme nucléaire et en renforçant la sécurité nucléaire ».
Les dirigeants de ces pays sont aussi convenus de la nécessité d'une coopération internationale accrue face à la menace du terrorisme nucléaire. « La lutte contre le terrorisme nucléaire et radiologique exige la coopération internationale, y compris le partage des informations, conformément aux lois et procédures nationales des États. La coopération internationale peut contribuer à une architecture de sécurité nucléaire mondiale plus inclusive, coordonnée, durable et robuste pour la sécurité de tous », ont-ils souligné.
Ils ont aussi réaffirmé « la responsabilité essentielle et le rôle central » de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans le renforcement de l'architecture mondiale de la sécurité nucléaire et des directives internationales et dans la coordination des activités de sécurité nucléaire, et leur « détermination » à renforcer la sécurité nucléaire à tous les niveaux - national, régional et international. (Emmanuel Hagry)