Bruxelles, 26/10/2015 (Agence Europe) - La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a invité les autorités moldaves, lors de sa visite à Chisinau, jeudi 22 et vendredi 23 octobre, à poursuivre leurs efforts pour la bonne mise en oeuvre de la zone de libre-échange UE/Moldavie, entrée en vigueur en septembre 2014. Saluant les progrès réalisés jusqu'ici, qui ont contribué à la résilience de l'économie moldave, Mme Malmström a demandé l'accélération des réformes et le rapide règlement en justice du scandale bancaire.
Malgré les difficultés importantes rencontrées par la Moldavie - déclin de l'économie et grave crise du système bancaire -, le cadre commercial stable mis en place avec la zone de libre-échange a évité un déclin des échanges bilatéraux depuis l'automne 2014, a souligné Mme Malmström lors d'une conférence dédiée à l'accord de libre-échange UE/Moldavie, vendredi 23 octobre dans la capitale moldave.
« L'accès au marché européen a offert une source considérable de stabilité à un moment difficile. Lors de la première année d'exercice de l'accord, alors que le volume total des exportations de la Moldavie a chuté de façon spectaculaire, ses exportations vers l'UE ont continué de croître. Les importations de l'UE en provenance de Moldavie ont augmenté, tandis que notre commerce bilatéral total est resté constant. Cette année, la part des exportations moldaves vers l'UE a augmenté de 10 points de pourcentage. Aujourd'hui, l'UE achète près des deux tiers (62%) des marchandises que la Moldavie vend au reste du monde. Cela n'est pas que le produit de forces purement économiques: cela a été possible parce que l'UE a été un partenaire fiable pour le peuple de Moldavie au moment où celle-ci en avait besoin », a insisté la commissaire.
Mme Malmström a aussi salué les « bons progrès » réalisés jusqu'ici par Chisinau pour mettre en oeuvre les dispositions de l'accord: « réformes importantes » sur le travail des douanes, adhésion à une convention importante sur les règles d'origine, « efforts accrus » pour lutter contre la piraterie et mise en place d'une nouvelle législation pour protéger la propriété intellectuelle, adhésion à l'accord OMC sur les marchés publics, adhésion de l'autorité moldave de normalisation à l'organisation de l'UE en la matière et adoption de près de 2 000 normes de l'UE dans la première moitié de 2015.
« Mais beaucoup de travail reste à faire », a prévenu la commissaire, insistant en particulier sur la mise en oeuvre de règles de l'UE, surtout en agriculture. « Les produits laitiers et d'autres productions issues de l'élevage devraient être de grandes réussites de la Moldavie sur le marché de l'UE. Mais les règles sur la sécurité alimentaire et la santé animale doivent être mises en pratique », a-t-elle affirmé.
Mme Malmström a aussi exhorté Chisinau à établir un climat des affaires propice dans le pays, en prenant à bras-le-corps le récent scandale bancaire. « Nous sommes préoccupés par la durée du processus pour rendre justice dans cette affaire. Ceux qui sont responsables doivent être trouvés. Ils doivent être jugés et, s'ils sont reconnus coupables, être punis avec toute la force de la loi. C'est dans l'intérêt de tous les habitants de ce pays. C'est seulement en punissant tous les responsables que la Moldavie prouvera que l'État de droit s'applique ici. C'est seulement ainsi que la Moldavie peut créer la confiance pour les investisseurs étrangers qui ne veulent pas venir ici, pour tous ceux qui veulent faire du commerce avec les exportateurs moldaves, et pour les entreprises moldaves qui veulent investir et se développer », a insisté la commissaire. « Il est de la responsabilité du gouvernement de prendre des mesures. C'est aussi de la responsabilité de la société civile et de la communauté des affaires de le faire », a-t-elle conclu. (Emmanuel Hagry)