Bruxelles, 11/09/2015 (Agence Europe) - L'échange de vues « constructif » entre le commissaire en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, et le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, vendredi 11 septembre à Vienne, a créé une « base solide » pour convoquer une réunion trilatérale au niveau ministériel avec la Russie et l'Ukraine et finaliser un nouveau paquet pour l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz russe pour l'hiver 2015/2016, a annoncé la Commission, à l'issue de la réunion.
La Commission a précisé qu'elle proposerait une date pour cette nouvelle réunion trilatérale, sans plus de détail. Avant la réunion vendredi matin, M. Sefcovic avait reformulé le voeu qu'une telle réunion se tienne « d'ici la fin septembre ». « La Commission reste convaincue qu'un suivi du paquet d'hiver 2014/2015 permettrait à toutes les parties de trouver un cadre acceptable pour le commerce et l'achat du gaz. Sécuriser l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine pour cet hiver est une priorité pour la Commission, comme l'a souligné [son] président, Jean-Claude Juncker, dans son discours sur l'état de l'Union, mercredi 9 septembre », insiste l'institution, dans un communiqué publié après la réunion de Vienne.
Après leur échec à conclure, fin juin, un accord sur l'approvisionnement en gaz russe de l'Ukraine qui doit relayer le paquet d'hiver 2014/2015 conclu fin octobre 2014, et dont l'extension de trois mois a expiré le 30 juin, la Russie, l'Ukraine et l'UE, qui est médiateur dans ce dossier, étaient convenues de retourner à la table des négociations après l'été (EUROPE 11348). Avant de retrouver M. Novak vendredi, M. Sefcovic avait rencontré son homologue ukrainien, Vladimir Demchyshyn, le 27 août dernier (EUROPE 11377).
Nouveaux projets de Gazprom, la Commission en attente de précisions. Vendredi, MM. Sefcovic et Novak ont aussi discuté des relations énergétiques UE/Russie et des nouveaux projets russes de gazoducs, Turkish Stream et Nord Stream-2, à propos desquels la Commission attend plus de précisions de la partie russe. « L'annonce du projet Nord Stream-2 est très récente, on doit analyser comment il se situe par rapport à la stratégie de l'UE et au regard de sa sécurité énergétique avant de réagir. Pour la Commission, tout gazoduc, au nord ou au sud, doit respecter le droit de l'UE », expliquait une porte-parole de la Commission vendredi midi.
Dans la foulée du retrait de son projet South Stream, le gazier russe Gazprom a signé avec le gazier turc Botas, en décembre 2014, un protocole d'accord pour la construction d'un gazoduc alternatif, le Turkish Stream, qui entend fournir 16 milliards de m3 de gaz par an à la Turquie et délivrer à la frontière gréco-turque 47 milliards de m3 de gaz par an destinés au marché européen.
Gazprom a par ailleurs signé avec cinq partenaires européens, le 4 septembre dernier, un pacte d'actionnaires pour bâtir le projet Nord Stream-2, qui vise à relier la Russie au marché européen à travers la mer Baltique via deux nouveaux gazoducs afin de doubler la capacité du gazoduc Nord Stream, en service depuis 2012, pour la porter à 55 milliards de m3 par an. Gazprom pilotera ce projet auquel sont associés les énergéticiens allemands E.ON et BASF-Wintershall, l'autrichien OMV et l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell (10% des parts chacun) et le français ENGIE (9% des parts). (Emmanuel Hagry)