Bruxelles, 28/08/2015 (Agence Europe) - Les nouvelles selon lesquelles 50 migrants ont été trouvés asphyxiés dans la nuit du 26 au 27 dans un bateau au large de la Libye ainsi que la découverte, jeudi 27 août au matin, dans un camion en Autriche, de près de 70 corps de migrants ayant possiblement suffoqué « sont franchement choquantes », ont réagi, jeudi 27 août au soir, les commissaires européens Frans Timmermans et Dimitris Avramopoulos.
Dans un communiqué de presse, les deux responsables ont dénoncé « des actes criminels, sinistres, menés par des passeurs sans scrupules ». Jeudi à Vienne, lors du Sommet avec les pays des Balkans occidentaux, la chancelière allemande s'était dite également choquée par ces évènements et considéré que ces violences constituaient un « avertissement » à l'UE pour que « l'on se mette au travail, pour résoudre ce problème et faire preuve de solidarité ».
La police autrichienne a annoncé, vendredi 28 août, que les cadavres de cinquante-neuf hommes, huit femmes et quatre enfants ont été retrouvés dans le camion découvert la veille garé au bord d'une autoroute en Autriche, près de la frontière avec la Hongrie. Des documents de voyage syriens ont été retrouvés, a indiqué la police autrichienne citée par l'AFP, selon laquelle le groupe était « probablement » constitué de réfugiés syriens.
La police autrichienne a également annoncé que trois suspects ont été arrêtés en Hongrie dans le cadre de l'enquête ouverte jeudi. L'un est un Bulgare d'origine libanaise et serait le propriétaire du véhicule. Les deux autres - un Bulgare et un Hongrois - sont « presque certainement les chauffeurs » du camion, a précisé le porte-parole de la police. Les autorités autrichiennes ont également annoncé qu'un mandat d'arrêt européen avait été délivré à l'encontre de quatre personnes dans le cadre de cette affaire.
MM. Timmermans et Avramopoulos en visite dans les pays les plus affectés
Les deux commissaires européens ont souligné que ce n'était « pas une crise autrichienne. Ce n'est pas une crise hongroise, italienne, française, allemande ou grecque. C'est une crise européenne et elle exige une réponse européenne ».Les deux responsables ont rappelé que la Commission avait mis des propositions sur la table notamment dans le cadre de l'Agenda européen sur les migrations.
« La Commission a mis cette réponse européenne sur la table: augmenter notre présence en mer, coopérer avec les pays d'origine et de transit afin de réprimer les réseaux de contrebande, mettre en œuvre les règles communes sur l'asile récemment adoptées tout en faisant preuve de solidarité avec pays de première ligne », rappellent les deux hommes.
Ceux-ci entameront la semaine prochaine des visites dans les « pays les plus affectés » par la crise migratoire, a rappelé la Commission vendredi midi. Le 31 août, ils seront à Calais, puis, le 4 septembre, à Kos, en Grèce, avant d'aller en Autriche le 7 septembre, à Traiskirchen. Un déplacement en Allemagne, à Rosenheim, est également à l'agenda, la date restant à préciser.
Le 9 septembre à Strasbourg, lors du discours sur l'Union, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devrait également évoquer de nouvelles propositions pour répondre à la crise. Un séminaire du collège des commissaires, prévu mercredi 2 et jeudi 3 septembre, sera l'occasion de préparer ce discours et devrait être dominé par le sujet des migrations, a indiqué l'institution.
À côté de ces crimes sordides de migrants, plus de 2 400 personnes ont trouvé la mort en mer Méditerranée depuis le début de l'année 2015 selon un bilan à la mi-août de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). (Solenn Paulic)