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Bulletin Quotidien Europe N° 11366
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) burundi

L'UE s'achemine vers une possible suspension de la coopération

Bruxelles, 24/07/2015 (Agence Europe) - Le choix du président burundais, Pierre Nkurunziza, de rester sourd aux appels de la médiation internationale en faveur d'un report des élections au Burundi a convaincu l'Union européenne de préparer l'ouverture de consultations avec les autorités de ce pays, a annoncé l'UE jeudi 23 juillet.

Le lendemain, Pierre Nkurunziza était déclaré vainqueur des élections présidentielles pour un troisième mandat consécutif très controversé (EUROPE 11346).

L'article 96 de l'Accord de Cotonou liant l'UE au groupe des États ACP (Afrique/ Caraïbes/Pacifique) prévoit l'ouverture de consultations en cas de violation d'un ou plusieurs éléments essentiels de l'accord (respect des droits de l'homme, des principes démocratiques, de l'État de droit) par l'une des parties. Ces consultations pourraient conduire à la suspension partielle, voire totale, de la coopération entre l'UE et le Burundi, si les autorités burundaises ne remédient pas à la situation dénoncée par l'UE.

« En dépit des efforts de la communauté internationale et, en particulier, de l'initiative récente du président Museveni en vue de faciliter un dialogue inter-burundais, il apparaît évident que les progrès dans la mise en oeuvre des décisions de l'Union africaine du 13 juin et de la Communauté d'Afrique de l'Est du 6 juillet sont insuffisants. Seule la mise en oeuvre complète de ces décisions aurait ouvert la voie à la tenue d'élections crédibles et inclusives au Burundi dont le résultat serait représentatif. En maintenant les élections, le gouvernement en a décidé autrement », a déclaré, jeudi, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.

L'UE exhorte le gouvernement et les partis d'opposition à revenir au dialogue pour trouver une issue consensuelle en vue du rétablissement d'un système politique inclusif et démocratique.

« En l'absence d'un dialogue national substantiel qui pourrait conduire à un consensus politique, le Burundi ne parviendra pas à retrouver le chemin de la stabilité, de la démocratie et du développement qui a commencé avec l'adoption de l'accord d'Arusha. Dès lors, l'UE commencera les travaux préparatoires des consultations spécifiques, comme prévu à l'article 96 de l'Accord de Cotonou », précisait la Haute Représentante dans une déclaration officielle.

L'UE exprime ses vives préoccupations pour l'impact humanitaire socio-économique et sécuritaire de la crise dans le pays et dans la région. Elle se réserve aussi la possibilité d'adopter des sanctions ciblées contre les responsables de violences et de répressions, de graves violations des droits de l'homme ou d'entrave à la recherche d'une solution politique. (Aminata Niang)

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