Bruxelles, 15/05/2015 (Agence Europe) - Un an après que la Cour de justice de l'UE a reconnu le principe du 'droit à l'oubli' sur Internet, 80 universitaires ont adressé, jeudi 14 mai, une lettre au géant américain Google qui critique le manque de transparence dont il fait preuve dans l'application de cet arrêt.
En mai 2014, dans un arrêt opposant un ressortissant espagnol à Google, la Cour avait jugé que, à la demande des internautes, devaient être déréférencés des liens n'ayant plus de pertinence, étant imprécis ou excessif et pouvant porter préjudice aux personnes (EUROPE 11078).
Depuis, Google a lancé un formulaire de requête et a traité 253 617 requêtes conduisant à la suppression de 920 258 liens. Le géant de l'Internet n'a pourtant approuvé que 40% des requêtes lui ayant été soumises. Dans leur lettre ouverte, ces chercheurs demandent au moteur de mieux informer le public sur le type et la quantité d'informations qui sont retirées d'Internet et sur les requêtes qui ne sont pas approuvées. Ils veulent aussi savoir quelles sont les lignes directrices du moteur de recherche lui permettant de distinguer ce qui relève de la liberté d'expression ou des libertés individuelles.
Dans son arrêt, la Cour avait considéré que des particuliers pouvaient obtenir, sous certaines conditions, la suppression de liens vers des pages Internet comportant des données personnelles. Cette possibilité n'est pas systématique, avait-elle précisé. Mais elle n'avait pas détaillé les modalités de suppression de ces liens, laissant cet exercice à Google ou au législateur.
Facebook épinglé en Belgique. Outre les procédures contentieuses initiées en Europe à l'encontre de Google, un autre front est ouvert contre Facebook. Le 13 mai, la commission belge de la vie privée a émis une recommandation contre le réseau social, établissant que celui-ci « traite » les données à caractère personnel tant de ses membres, utilisateurs, que celles de tout internaute entrant en contact avec des produits et des services de Facebook.
« Facebook traite les données en secret: aucun consentement n'est demandé pour le traçage et l'utilisation de cookies. Aucun renseignement ciblé n'est fourni. Les informations disponibles sont vagues et autorisent en fait presque tout », écrit cette commission. Et de conseiller aux internautes « d'utiliser des add-ons de navigateur qui bloquent le traçage ou d'utiliser le mode incognito de leur navigateur ». (Solenn Paulic)